Les députés de la commission des affaires économiques et monétaires (ECON) et de la commission de l'emploi et des affaires sociales (EMPL) du Parlement européen ont discuté de la façon de mieux intégrer les questions sociales et environnementales dans la gouvernance macroéconomique au niveau européen, et particulièrement les règles budgétaires européennes, en présence de la Commission européenne.
Rapporteur pour la commission ECON, Aurore Lalucq (S&D, française) a salué l'ambition en matière de neutralité climatique affichée par la Commission européenne. « Mais nous n'y arriverons pas si nous ne desserrons pas la contrainte budgétaire », a-t-elle estimé, convaincue que, pour faire face au sous-investissement chronique, « le nerf de la guerre, c'est la dépense publique ».
Au nom de la Commission européenne, le vice-président exécutif, Valdis Dombrovskis, a rappelé qu'une consultation de plusieurs mois allait être lancée, mercredi 5 février, sur la façon de simplifier le Pacte de stabilité et de croissance et de promouvoir les investissements durables d'un point de vue environnemental (EUROPE 12406/15).
« Il serait prématuré de tirer des conclusions » sur la direction que nous allons prendre, a-t-il prudemment indiqué, tout en rappelant les recommandations du Comité budgétaire européen en la matière, notamment la proposition d'introduire une 'règle d'or' ('golden rule') pour l'investissement public productif (EUROPE 12360/5).
Reprenant à son compte les mots de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, pour qui « le Pacte vert européen constitue une nouvelle stratégie de croissance pour l'UE », le commissaire à l'Économie, Paolo Gentiloni, a estimé que les investissements tant publics que privés devaient être facilités. En outre, le processus budgétaire du 'Semestre européen' pour 2020 intégrera pour la première fois les objectifs onusiens de développement durable, a-t-il rappelé, les premiers rapports pays par pays sur la question étant attendus mercredi 26 février.
Klára Dobrev (S&D, hongroise) a interpellé la Commission sur le fait que, malgré les jolis indicateurs macroéconomiques, « les inégalités ont augmenté ces dernières années », pointant la situation des travailleurs pauvres.
Le commissaire à l'Emploi et aux Droits sociaux, Nicolas Schmit, a reconnu qu'il convenait de combattre les inégalités qui sont trop élevées. L'un de nos objectifs est de renforcer l'économie sociale de marché en réconciliant le marché et la protection sociale et de l'environnement, a-t-il considéré, s'appuyant notamment sur les récentes propositions de la Commission en matière de salaire minimum (EUROPE 12403/5, 12403/6). (Mathieu Bion)