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Bulletin Quotidien Europe N° 12412
POLITIQUES SECTORIELLES / Affaires intÉrieures

Le ministre croate pris à partie par les députés sur les violences policières contre les migrants à la frontière avec la Bosnie-Herzégovine

Le ministre croate de l’Intérieur, Davor Božinović, a défendu, lundi 27 janvier, devant les députés de la commission des libertés civiles (LIBE) du Parlement européen les pratiques de surveillance de la frontière avec la Bosnie-Herzégovine, alors que plusieurs députés ont repris à leur compte des allégations d’ONG selon lesquelles les gardes-frontières croates se livreraient à des refoulements violents de migrants.

Certains députés, comme la Suédoise Malin Björk (GUE/NGL), ont dit être allés eux-mêmes sur place et avoir rencontré directement les migrants ayant fait l’expérience de ces violences. Ils ont brandi des photos en ce sens devant le ministre, énumérant les usages de « matraques et câbles électriques » pour faire fuir les migrants et « les empêcher de déposer une demande d’asile ».

« Vous ne trouverez aucun cas probant » confirmant ces « allégations », a répondu le ministre à son auditoire dans une ambiance tendue. Le ministre, dont le pays veut entrer dans l'espace Schengen, a expliqué que la Croatie avait la charge d’une des plus longues frontières de l’UE, avec des migrants cherchant à entrer « illégalement » dans le pays « pour aller directement vers la Slovénie ».

Estimant que les migrants cherchant à entrer sont essentiellement « des migrants économiques » qui ne « veulent pas rester en Croatie », le ministre a estimé que la situation « serait beaucoup plus simple si, dans vos pays, il y avait une volonté de les accueillir ».

 Le ministre a aussi démenti des accusations d’interpellations de migrants au « taser ». « La police croate ne dispose pas de tasers », a-t-il affirmé.

Ces réponses n’ont pas rassuré les élus comme Tineke Strik (Verts/ALE, néerlandaise), qui a évoqué une violation du droit d’asile, ces personnes n’étant pas autorisées à déposer une demande. Une autre élue, Clare Daly (GUE/NGL, irlandaise), a demandé au ministre comment il pouvait « savoir que ce sont des migrants économiques » si leur profil n’est pas étudié. Elle a demandé la mise en place d’un contrôle indépendant à cette frontière avec la Bosnie-Herzégovine.

Le ministre a continué de balayer toutes les accusations et « images qui viennent de pays tiers » et s’est interrogé sur le fait que toutes les personnes interceptées aux points illégaux de passage « n’ont aucune pièce d’identité ». Il a aussi estimé que, si ces personnes pouvaient légitimement prétendre à la protection internationale, « elles passeraient par les points légaux des frontières de Croatie ».

Pour le ministre croate, les personnes cherchant aujourd’hui à entrer dans l’UE par cette frontière ne sont plus les mêmes personnes qu'en « 2015 ou 2016 ». « Ce ne sont plus des réfugiés ».

La discussion sur les pratiques des gardes-frontières croates a presque éclipsé les autres sujets. Sur le Pacte sur l’asile et les migrations à venir, le ministre s’est contenté de dire qu’il n’existait pas de consensus entre les États membres sur le sujet et que de nouvelles idées étaient nécessaires. Il a aussi estimé qu’il faudrait se pencher sur de nouvelles mesures pratiques pour faciliter la migration légale. (Solenn Paulic)

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