À l’issue de leur rencontre avec le Premier ministre du gouvernement d’union nationale libyen, Fayez el-Sarraj, le président du Conseil européen, Charles Michel, et le Haut Représentant pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, ont assuré, mercredi 8 janvier à Bruxelles, que l’Union européenne était prête à s’engager davantage pour œuvrer à la résolution de la crise politique en Libye.
« L'Union européenne intensifiera ses efforts en vue d'une solution pacifique et politique », a déclaré, Charles Michel, dans un communiqué.
M. Borrell - qui avait estimé le matin même, à l’issue d’une réunion exceptionnelle du Collège des commissaires, que la situation en Libye atteignait un « point de rupture » - a assuré que l’UE était prête à accompagner la mise en œuvre, en Libye, d’un processus politique et d’un cessez-le-feu durable.
Solution politique, sans ingérences étrangères. Les deux dirigeants européens se sont montrés préoccupés par l’escalade des tensions et ont réaffirmé leur soutien au processus de Berlin. La résolution de ce conflit, estiment-ils, ne pourra être obtenue que par le dialogue.
« Toute nouvelle action militaire aurait des conséquences catastrophiques pour la population libyenne et pour l'ensemble de la région », a déploré Josep Borrell, prônant la reprise des négociations sous l'égide des Nations unies.
Le Haut Représentant a par ailleurs à nouveau condamné « l'ingérence extérieure qui ne fera qu'exacerber le conflit » (EUROPE 12398/1). Une allusion notamment à l’envoi par la Turquie, alliée du gouvernement de Fayez el-Sarraj, de 35 militaires en Libye. Ces derniers ne seraient toutefois pas appelés à combattre, indiquait mercredi le journal turc Hurriyet, citant le président Erdoğan.
Le président du Parlement européen, David Sassoli, s'est également entretenu avec Fayez el-Sarraj ce mercredi. Il a indiqué, dans un communiqué, être lui aussi attaché à une résolution politique du conflit, sans interférences extérieures, et a confirmé la disposition de l'UE à « favoriser le dialogue entre les principaux acteurs ».
La Libye à l'ordre du jour. La question libyenne devrait être abordée lors du Conseil extraordinaire qui réunira, vendredi 10 janvier à Bruxelles, M. Borrell et les ministres européens des Affaires étrangères.
« Cette réunion extraordinaire a été prévue pour que les ministres puissent échanger en interne sur la situation au Proche-Orient, pour décider de la suite et de ce que peut faire l’UE », a déclaré à la presse, ce mercredi, le porte-parole du Service européen pour l’action extérieure, Peter Stano.
La fin de semaine sera par ailleurs marquée par la visite de Charles Michel, samedi 11 janvier, à Istanbul, où il rencontrera Recep Tayyip Erdoğan, puis au Caire, pour échanger avec le président Abdel Fattah al-Sissi. (Agathe Cherki - stage)