La présidente de la commission des droits de la femme et de l'égalité des genres au PE (FEMM) a qualifié les violences faites aux femmes de « thème d'actualité particulièrement préoccupant », lors d’une audition, lundi 18 novembre. À une semaine de la journée internationale pour l'élimination de ces violences, Evelyn Regner (S&D, allemande) a fait état d'une situation « alarmante ».
À travers le monde, « une fille sur trois a souffert dans sa vie de violences corporelles ou sexuelles, une femme sur deux assassinée l’a été par un partenaire ou un membre de sa famille, 71% des victimes de la traite des êtres humains sont des femmes », a-t-elle énuméré.
Selon Marceline Naudi, présidente du GREVIO, l'organe de mise en œuvre de la Convention du Conseil de l'Europe sur la lutte contre la violence à l’égard des femmes (Convention d'Istanbul), de nombreux progrès restent encore à faire. Très peu d'États assurent le suivi des victimes placées sous protection, trop peu de pouvoirs publics garantissent des sources de financement à long terme, les systèmes de collecte des données doivent encore être améliorés, a-t-elle, entre autres, estimé.
Genoveva Tisheva, du Comité pour l'élimination de la discrimination à l'égard des femmes (CEDAW) et Joanna Maycock, secrétaire générale du Lobby européen des femmes, se sont jointes à Mmes Naudi et Regner pour appeler tous les États membres de l'UE à mettre en place la Convention d'Istanbul. « Nous ne pouvons pas parler de paix au sein de l'UE si des femmes ont peur sur leur lieu de travail, dans leur foyer. Il n'est pas un pays européen où l'égalité est vraiment atteinte », a déclaré Joanna Maycock.
En avril dernier, le PE avait déploré le retard pris par l'UE dans le processus de ratification de la Convention d'Istanbul (EUROPE 12228/4). Il avait alors annoncé son intention d'en référer à la Cour de justice de l'UE, afin que celle-ci invalide les arguments des États membres à l'origine du blocage. Le PE a depuis introduit une demande d'avis. (Agathe Cherki - stage)