Les dirigeants européens ont pris note, jeudi 17 octobre, de l'annonce d’une pause dans les combats dans le nord-est de la Syrie, afin de permettre aux Américains d’extraire les forces kurdes du YPG. Le président du Conseil européen a toutefois estimé que ceci était insuffisant (EUROPE 12351/3).
« Le soi-disant cessez-le-feu n’est pas ce que nous attendions. En fait, ce n’est pas un cessez-le-feu, mais une demande de capitulation des Kurdes », a-t-il regretté à l’issue du Conseil européen, le 18 octobre. « Nous devons être cohérents et réitérer notre appel pour un arrêt permanent de l’action militaire (turque) et le respect de la loi humanitaire internationale », a-t-il ajouté, estimant que ce n’était pas le résultat de l’accord américano-turc.
De son côté, la chancelière allemande, Angela Merkel, a appelé à la patience. « Il faut attendre de voir si le cessez-le-feu aura l’effet souhaité, surtout pour les enfants, les familles qui ont dû fuir de chez elles », a-t-elle estimé.
Mais les Européens ne veulent pas pour autant rester les bras croisés. « Nous voudrions aider à trouver une solution politique à ce problème », a expliqué le Premier ministre néerlandais, Mark Rutte. « Il faut essayer de comprendre et de ramener la Turquie à des positions plus raisonnables », a ajouté le président français, Emmanuel Macron, qui a qualifié l’offensive de « folie ». Selon lui, l'opération turque questionne le fonctionnement de l'OTAN, dont la Turquie est membre.
Interrogée sur de possibles sanctions économiques à l'encontre d'Ankara, la chancelière a rappelé l'accueil par la Turquie de millions de réfugiés. Elle a précisé que l’Allemagne voulait que l’UE poursuive son soutien financier à la Turquie pour cet accueil. Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a menacé d'ouvrir les vannes migratoires.
Mme Merkel a également rappelé que la priorité devait être le processus politique en Syrie. « Nous avons essayé d’avoir un comité constitutionnel pour la Syrie. Ce processus politique est essentiel pour créer le retour des Syriens. C’est là que devrait être la priorité. Or, c’est passé à l’arrière-plan avec les récents événements », a-t-elle regretté.
Le président français et la chancelière allemande pourraient rencontrer le président turc en marge du sommet de l’OTAN, début décembre, à Londres. (Camille-Cerise Gessant avec la rédaction)