login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 12298
Sommaire Publication complète Par article 12 / 33
PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / Migration

Désaccords significatifs au PE sur la manière d’appréhender les flux de demandeurs d’asile en mer Méditerranée

Mercredi 17 juillet, les députés européens réunis en session plénière du Parlement ont, sans surprise, exprimé des positions très divergentes quant à la manière d’appréhender les flux de demandeurs d’asile et les débarquements en mer Méditerranée.

Le débat a débuté par l’intervention de la ministre finlandaise chargée des Affaires européennes, Tytti Tuppurainen.

Tout en se préoccupant de la situation humanitaire en mer Méditerranée et du nombre de morts toujours trop élevé, elle a mentionné les chiffres émanant de l’Agence européenne des garde-frontières et garde-côtes (ex-Frontex) faisant état d’une baisse des flux et de la mortalité cette année.

Au plan politique, la ministre finlandaise a rappelé que, faute de solutions définitives en matière d’asile et de migration, l’ex-Présidence roumaine du Conseil de l’UE avait établi des premières lignes directrices de régimes temporaires de débarquement de demandeurs d’asile basées sur une démarche volontaire des États (EUROPE 12274/1). « Il y a aujourd’hui des mesures temporaires qui resteront en vigueur tant qu’il n’y aura pas de solutions définitives dans le cadre d’une réforme de la politique d’asile durable et humaine », a-t-elle ainsi affirmé.

Les négociations quant au paquet ‘asile’ et ses sept textes (règlements de Dublin, procédures d’asile, Eurodac, réinstallation, directives 'qualifications' et 'conditions d’accueil' et nouvelle Agence européenne de l’Asile) trainant en longueur au Conseil (EUROPE 12271/5), elle a ainsi déclaré que la Présidence finlandaise assurerait le suivi des travaux entrepris par Bucarest. Pour autant, Helsinki « va sans aucun doute voir comment débloquer la situation » afin de trouver des « solutions équilibrées et humaines », a-t-elle ajouté.

Cette intervention a été suivie de celle du commissaire chargé de l’aide humanitaire, Christos Stylianides, qui a rappelé les obligations découlant du droit international quant au sauvetage en mer. S’il insiste sur le fait d’annihiler l’activité des passeurs et trafiquants, il souhaite néanmoins qu’« aucune forme d’assistance authentique » ne soit criminalisée.

Les discussions autour du système d’asile de l’UE doivent, selon lui, continuer à être une priorité et conduire à une « responsabilité partagée ». Enfin, il a souhaité mettre l’accent sur les mesures visant à s’attaquer aux causes de la migration, notamment par l’assistance aux pays d’Afrique.

Sans surprise, les clivages politiques traditionnels sur la question migratoire ont refait surface lors de ce débat. Ainsi Erik Marquardt (Verts/ALE, allemand) a évoqué « la honte » vis-à-vis de l’inaction de l’UE au vu des noyades en mer Méditerranée. « La dignité de l’être humain est inconditionnelle », a-t-il déclaré. Et pour Miguel Urbán Crespo (GUE/NGL, espagnol), l’UE et les États membres doivent choisir entre « protéger la vie ou continuer à être complices de la mort et faire de la Méditerranée une fosse commune ». « Sauver la vie ne peut jamais être un délit, un crime », a-t-il ajouté.

À l’opposé de ces conceptions, Harald Vilimsky (ID, autrichien) a déclaré que les actions des ONG sauvant des personnes en mer étaient « politiques » et non humanitaires et violaient le droit. Pour sa part, Nicola Procaccini (CRE, italien) souhaite « arrêter les réseaux de taxis » qui portent atteinte à la « dignité et à la paix des nations » de l’UE.

Plus tôt, Jeroen Lenears (PPE, néerlandais) avait déclaré que « sauver des vies est une obligation juridique et morale », tout en insistant sur la nécessité de se concentrer sur le retour des migrants en situation d’illégalité. Miriam Dalli (S&D, maltaise), elle, a parlé d’« urgence humanitaire » nécessitant des actions articulées autour de quatre grandes priorités : la fin des décès en mer et la poursuite des missions de sauvetage, la fin de la traite et du trafic d’êtres humains, le soutien aux pays les plus exposés, ainsi que la création de voies sûres et légales d’immigration.

Enfin, Sophie in’t Veld (RE, néerlandaise), rappelant que « la migration existe depuis le début de l’humanité », a enjoint le Conseil à adopter le paquet ‘asile’. (Lucas Tripoteau)

Sommaire

REPÈRES
INSTITUTIONNEL
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN
POLITIQUES SECTORIELLES
ACTION EXTÉRIEURE
SOCIAL
BRÈVES