Dans la soirée de mardi 16 juillet, les députés européens ont appelé l’Union européenne à faire encore davantage pour préserver l’accord sur le nucléaire iranien et réduire les tensions dans le Golfe persique, dans une région déjà particulièrement instable.
La Tchèque Michaela Šojdrová, au nom du PPE, et le Croate Tonino Picula, pour le S&D, ont demandé à l’UE de tout mettre en œuvre pour préserver l’accord, malgré le retrait américain. Pour la Française Nathalie Loiseau, de Renew Europe, depuis la dénonciation de l'accord par les États-Unis, l’UE a une responsabilité encore plus forte pour le préserver.
« Il importe de prendre toutes les mesures nécessaires pour garantir les bénéfices tangibles tout en rappelant à l’Iran qu’il doit respecter l’accord », a souligné M. Picula, pour qui l’UE doit rester ferme, unie et soutenir le droit international.
Pour cela, toutefois, l’Europe doit également se montrer plus forte, selon plusieurs députés. Ainsi, Ana Fotyga (polonaise), au nom du CRE, a estimé que les mesures européennes ne semblaient pas efficaces et que l’UE devait être beaucoup plus déterminée. Pour Hannah Neumann (Verts/ALE, allemande), l’accord sur le nucléaire est menacé, car « la politique de l’UE n’est pas assez puissante pour compenser l’escalade ». « Dans les semaines à venir, nous avons pour mission que le conflit ne connaisse pas d’escalade dans une région qui connaît déjà des conflits », a-t-elle ajouté.
Même message chez Clare Daly (GUE/NGL, irlandaise) qui s’est félicitée des dénonciations européennes des sanctions américaines, qu’elle a comparées à un « acte de guerre, criminel (…) aussi destructeur que des missiles ». Selon elle, cependant, dénoncer n’est pas suffisant.
« Les injonctions des Américains sont la règle et la résistance de l’UE est l’exception. Il faut agir en adultes, refaire marcher la machine économique avec l'Iran », a ajouté Emmanuel Maurel (GUE/NGL, français).
L’UE a besoin de ses alliés pour agir. « Tous les membres du Conseil de sécurité des Nations Unies doivent faire tout ce qui est possible pour éviter une escalade », a expliqué Mme Šojdrová, alors que pour Klemen Groselj (RE, slovène), l’UE et ses partenaires internationaux doivent promouvoir des actions globales pour stabiliser la région.
En réponse aux eurodéputés, la Haute Représentante de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini, a rappelé que le mécanisme Instex était opérationnel et que l’UE avait actualisé sa loi de blocage. « Sans l'accord nucléaire, la situation au Moyen-Orient - qui est déjà suffisamment compliquée - serait beaucoup plus difficile qu'elle ne l'est actuellement », a-t-elle observé, rappelant que l'UE soutenait la communication entre les pays de la région et, notamment, la proposition irakienne d’une conférence régionale. « Personne ne dit qu'il veut une guerre, personne ne déclare qu'une guerre est l'intention (...) Mais le problème, en particulier dans une région comme celle-là, est que des erreurs de calcul peuvent se produire et conduire à des spirales d'affrontements extrêmement dangereuses », a-t-elle mis en garde. (Camille-Cerise Gessant)