Jeudi 18 et vendredi 19 juillet, les ministres de l’Intérieur et de la Justice se réunissent à Helsinki pour une rencontre informelle qui devrait être encore marquée par l’actualité des bateaux d’ONG secourant des migrants en mer et refusés dans plusieurs ports européens, en particulier italiens.
Le ministre de l’Intérieur italien, Matteo Salvini, participera à la session Affaires intérieures prévue jeudi 18 juillet. Sans être à l’agenda officiel de la réunion, les opérations de secours en mer et débarquement des migrants dans les ports européens seront bel et bien au menu des ministres, la ministre de l’Intérieur finlandaise, Maria Ohisalo, ayant à cet effet convié, dès la veille au soir, mercredi 17 juillet, un dîner informel à Helsinki pour faire avancer ce sujet lors de la réunion. Il s’agira de mettre au point des solutions « solides », avec un nombre suffisant de pays membres prêts à rejoindre le dispositif, dit la ministre dans sa lettre d’invitation.
Sur la migration, la Présidence finlandaise a prévu, jeudi 18 juillet, une discussion générale et un état des lieux sur les politiques d’asile et de migration. D’éventuelles percées nourriront de futurs documents de travail, l’idée de la Présidence étant, à ce stade, de faire remonter les difficultés identifiées par tous les États membres et de tenter d’y remédier sous sa présidence.
Mais la Présidence finlandaise ne nourrit pas tellement d’ambitions sur la réforme du système européen d’asile et, notamment, la réforme de Dublin qui encadre les responsabilités entre États membres, les équilibres politiques ayant peu changé depuis la présidence bulgare qui, au premier semestre 2018, avait porté l’ultime compromis.
Les ambitions sont aussi limitées du fait que les institutions européennes sont à un moment charnière et qu’il faudra déjà attendre la mise en place de la nouvelle Commission, qui pourrait avoir de nouveaux plans sur la réforme du système d’asile, comme l’a dit la nouvelle présidente, Ursula von der Leyen.
La Présidence n’envisage pas non plus, à ce stade, de retenter des trilogues avec le PE sur les textes du Paquet 'asile' non encore finalisés et pour lesquels le Conseil de l’UE avait marqué une pause en février (EUROPE 12195/5). Dans ces circonstances, tout progrès sur l’asile devrait ainsi intervenir vraisemblablement sous la prochaine présidence du Conseil de l’UE.
Pour l'heure, c’est donc sur les régimes temporaires de débarquement de migrants que la Présidence finlandaise va se concentrer. Pour le moment, Helsinki en reste aux lignes directrices établies par la Présidence roumaine, que les ambassadeurs des Vingt-huit avaient discutées le 13 juin (EUROPE 12274/11). Ce document reste valable, estime Helsinki, et fournit une image précise de ce qui a, pour le moment, marché sur le terrain. La Présidence finlandaise estime en effet que, jusqu’à présent, le dispositif temporaire, qui a mobilisé et continue de mobiliser un groupe d’environ 11 États membres depuis l’été dernier, a fait ses preuves ‘pratiques’ puisque des relocalisations de migrants sauvés en mer ont pu être effectuées.
Pour le reste, les ministres de l’Intérieur auront une discussion sur l'avenir de la sécurité intérieure de l'UE. Ils évoqueront en particulier le renforcement de la coopération opérationnelle entre les autorités répressives, comme la police et les autorités frontalières, ainsi que le développement de l'Office européen de police (Europol).
Justice et État de droit
Vendredi 19 juillet, les ministres de la Justice de l’UE s’attaqueront quant à eux à la question de l’État de droit et de l'efficacité, l'indépendance et la qualité des systèmes judiciaires qui, par le respect de ces valeurs, permettent une meilleure coopération en matière judiciaire. Le deuxième thème de la réunion sera le développement de la coopération judiciaire en matière pénale au sein de l'UE, avec notamment un point sur les conditions de détention, ainsi que les alternatives éventuelles à l'incarcération, indique la Présidence finlandaise sur son site Internet. La question du Parquet européen pourrait être évoquée en marge de la réunion alors que le Français Jean-François Bohnert aurait retiré sa candidature pour diriger le parquet au profit de la Roumaine Laura Codruța Kövesi (EUROPE 12297/19). (Solenn Paulic)