La Commission européenne a ouvert, mercredi 17 juillet, une enquête approfondie concernant l’utilisation, par Amazon, de données sensibles provenant de détaillants indépendants vendant des produits sur sa plateforme, l’institution craignant que ce comportement soit contraire aux règles du droit de l’Union en matière de concurrence.
La société Amazon utilise sa plateforme de deux manières. D’une part, elle vend, en tant que détaillante, des articles sur son site Internet. D’autre part, elle offre la possibilité à des vendeurs indépendants d’utiliser sa place de marché pour vendre des produits aux consommateurs. Dans ce dernier cadre, elle collecte des informations sensibles en matière de concurrence concernant les activités exercées par ces vendeurs, leurs produits et leurs transactions.
La Commission va s’intéresser, au cours de son enquête à deux éléments. Il s’agira d’abord d’examiner les accords types conclus entre la société et les vendeurs sur la place de marché, qui permettent à la branche ‘vente au détail’ d’Amazon d’analyser et d’utiliser les données de ces vendeurs. Plus précisément, l’institution cherchera à déterminer si l’utilisation par la branche ‘vente au détail’ du géant américain des données collectées auprès des vendeurs a ou n'a pas un impact négatif sur la concurrence.
Dans un second temps, la Commission s’attachera au rôle de ces données dans la sélection des gagnants de la boîte d’achat, dite ‘Buy Box’ et à l’incidence de l’utilisation potentielle d’informations sensibles par Amazon sur cette sélection. La ‘Buy Box’ est le dispositif par lequel le client peut ajouter un article dans son ‘panier d’achats’. Une grande majorité des transactions d’Amazon passant par cette fonctionnalité, en faire partie (« gagner la ‘Buy Box' ») assure une visibilité et donc, des ventes conséquentes pour un commerçant. L’utilisation de certaines données dans ce cadre pourrait ainsi révéler une distorsion de concurrence.
L’enquête approfondie permettra donc à la Commission de déterminer si les pratiques d’Amazon sont constitutives d’une violation du droit de l’Union ou pas.
Du côté de l'entreprise, on souhaite s'associer à l'enquête. « Nous coopérerons pleinement avec la Commission européenne et continuerons à travailler dur pour soutenir les commerces de toutes tailles et les aider à croître », a ainsi déclaré à l'AFP Conor Sweeney, responsable de la communication pour Amazon en Europe. (Lucas Tripoteau)