Lundi 24 juin, les États-Unis ont appelé la communauté internationale à protéger davantage le détroit d’Ormuz.
La tension est montée d’un cran, jeudi 20 juin, quand l’Iran a abattu un drone américain. Selon Washington, l’Iran est responsable des récentes attaques sur les pétroliers en mer d’Oman (EUROPE 12280/8).
Lors d’une conférence de presse téléphonique en marge d’une visite dans le Golfe, le Représentant spécial américain pour l’Iran, Brian Hook, a estimé que la communauté internationale devait voir comment renforcer la coopération et renforcer le soutien à la liberté de navigation dans et à proximité du détroit d’Ormuz. La 'force maritime combinée', réunissant 30 pays, agit déjà dans la zone.
« Nous pourrions redoubler nos efforts sur certains points. Il pourrait aussi y avoir de nouvelles initiatives réunissant un certain nombre de pays, des pays alliés qui jouissent d'une liberté de navigation équitable, afin que nous puissions accroître la sécurité maritime », a détaillé le représentant américain.
Pour M. Hook, la sécurité maritime devrait être internationalisée. « Les menaces que l'Iran fait peser sur le transport maritime international ont des répercussions sur les États du monde entier (…) C’est un défi mondial qui nécessite une réponse mondiale », a-t-il insisté, ajoutant que de nombreux pays étaient en train d’examiner « de nombreuses idées ». Selon lui, le G20, qui se tiendra les 28 et 29 juin prochains à Osaka (Japon), sera une bonne occasion de discuter de cette question.
Plus tard dans la journée, le président américain, Donald Trump, a été plus incisif, menaçant à demi-mot le retrait des navires américains dans la zone. « La Chine tire 91% de son pétrole du détroit, le Japon 62%, et de nombreux autres pays également. Alors pourquoi protégeons-nous les voies de navigation pour d'autres pays (depuis de nombreuses années) sans la moindre compensation ? Tous ces pays devraient protéger leurs propres navires sur ce qui a toujours été un voyage dangereux. Nous n'avons même pas besoin d'être là, car les États-Unis viennent de devenir (de loin) le plus grand producteur d'énergie au monde ! », a-t-il souligné sur Twitter. Selon M. Hook, plus de 60 % du pétrole à destination de l’Asie passe par le détroit d’Ormuz.
Le Représentant américain a également appelé toutes les nations ayant un « intérêt à promouvoir la stabilité régionale », à « faire clairement savoir à l’Iran que ses menaces et sa violence ne pouvaient pas être tolérées ». « Les pays devraient utiliser leur diplomatie pour encourager l'Iran à utiliser sa diplomatie », a-t-il ajouté, précisant qu’il était temps que l’Iran réponde à la diplomatie par la diplomatie. En attendant que Téhéran s’asseye à la table des négociations, les États-Unis vont maintenir leur « campagne de pression maximale dans les limites de la pression diplomatique et économique ». À l’heure où nous publions, l’annonce de nouvelles sanctions américaines était imminente.
L’ambassadeur américain à l’ONU devait informer, lundi 24 juin, lors d’une session à huis clos, le Conseil de sécurité des Nations Unies (UNSC) concernant les indices américains accusant l’Iran d’être responsable de l’attaque de navires en mer d’Oman et sur le rôle que l’UNSC pourrait jouer. Selon M. Hook, l'action du Conseil de sécurité de l'ONU « doit porter sur la paix et la sécurité internationales et sur les menaces de l'Iran pour la liberté de navigation et les civils innocents ». « Il est important que le Conseil soit sensible à l'escalade des tensions dans cette région », a-t-il ajouté. (Camille-Cerise Gessant)