Le chef du groupe PPE au PE et candidat à la succession de Jean-Claude Juncker à la tête de la Commission européenne, l’Allemand Manfred Weber, n’a pas encore jeté l’éponge. Au cours du weekend, il a demandé que le vote des électeurs aux Européennes soit respecté.
Sur son compte Twitter, le 23 juin, l’Allemand a estimé qu’il serait décevant pour les électeurs de voir que les décisions majeures sont prises dans des salles de diplomates, alors que le Sommet européen a constaté qu’aucun des Spitzenkandidaten proposés par les familles politiques européennes ne dispose de majorité à ce stade (EUROPE 12280/2).
Il a également appelé les formations socialistes et libérales à montrer qu’elles tiennent à la « démocratie parlementaire » en Europe. « Il serait tragique qu’elles placent les intérêts de quelques capitales au-dessus de ceux du Parlement nouvellement constitué », a-t-il encore écrit, alors que la ligne officielle du groupe PPE consiste à continuer à soutenir sa candidature.
Le 23 juin, le candidat du PPE a, comme les autres chefs de groupes du PE, rencontré Donald Tusk, le président du Conseil européen, en vue des tractations qui vont se poursuivre jusqu'au 30 juin (EUROPE 12279/1).
La surprise est venue des rangs des sociaux-démocrates, qui ont réaffirmé leur soutien à leur spitzenkandidat, l'actuel premier vice-président de la Commission européenne, Frans Timmermans. Arrivée seconde le 26 mai avec une trentaine de sièges en moins, la famille sociale-démocrate continue de réclamer la présidence de la Commission.
Lors de sa rencontre avec le président du Conseil européen, la nouvelle présidente espagnole du groupe S&D, Iratxe Perez, a estimé que ce poste devait revenir au candidat tête de liste de sa famille. « Je viens de réaffirmer à Donald Tusk le ferme engagement du S&D vis-à-vis du processus du ‘spitzenkandidat’ et notre conviction est que Frans Timmermans pourrait obtenir le soutien de la majorité du Parlement européen pour devenir président de la Commission ».
Pour contourner le PPE, qui réclame aussi ce poste, le S&D devrait obtenir le soutien de tous ses membres, ainsi que de ceux des groupes Renew Europe, des Verts et de la GUE/NGL (377 sièges sur 751, soit une majorité très faible).
En théorie, les dirigeants européens devraient se concerter sur ces nominations en amont du G20 d'Osaka, puis poursuivre ces échanges sur place. Beaucoup prévoient néanmoins un Sommet européen assez long, le 30 juin. (Solenn Paulic et Sophie Petitjean)