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Bulletin Quotidien Europe N° 12261
ÉCONOMIE - FINANCES / Finances

« mettre un prix sur la nature pour la sauver » n’est pas la bonne solution, selon Green Finance Observatory

Les approches fondées sur le marché ne devraient pas être promues comme une solution pour préserver la biodiversité. C’est la conclusion que tire, jeudi 23 mai, l’organisation Green Finance Observatory dans un rapport qui vient d'être publié. 

Le rapport réagit, entre autres, à l'agenda de la Commission européenne sur la finance durable (EUROPE 11977/2), qui pourrait ouvrir la porte à l'inclusion de la compensation de la biodiversité, du commerce de la qualité de l'eau et des marchés du captage et du stockage du carbone dans les obligations vertes et dans le futur écolabel sur les produits financiers. 

Cette nouvelle approche part de l’idée que les marchés réussiront là où les politiques environnementales traditionnelles ont échoué, explique le rapport. La nature est reconceptualisée en tant que « capital naturel » et les écosystèmes sont recadrés en tant que « services à l’homme », explique Green Finance Observatory. 

« Mettre un prix sur la nature pour la sauver est une formule accrocheuse, mais réglementer la destruction de la nature est une alternative bien plus efficace », a déclaré le directeur de l’organisation, Frédéric Hache. 

En effet, selon l'organisation, les approches fondées sur le marché ont leurs limites et ne sont pas appropriées à la question de la biodiversité. Le choix de ne valoriser que certains services écosystémiques en ignorant les autres signifie par ailleurs que les valeurs obtenues ne peuvent prétendre représenter la biodiversité, souligne le rapport. La biodiversité, en tant que nouvelle classe d’investissement, pourrait aussi créer un aléa moral important et des risques de crise financière, prévient-il. 

Ainsi, selon Green Finance Observatory, la règlementation environnementale traditionnelle serait beaucoup « plus efficace, plus simple et moins coûteuse » pour faire face à la perte critique de ressources naturelles. 

Dans tous les cas, l’organisation estime qu’un débat public s’impose, non seulement sur le niveau d'ambition des politiques environnementales européennes, mais aussi sur le « comment », c'est-à-dire les instruments politiques utilisés pour atteindre ces objectifs. Voir le rapport : https://bit.ly/2X546cw.  (Marion Fontana)

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