53 millions d’électeurs étaient appelés ce jeudi 23 mai à se rendre aux urnes au Royaume-Uni pour élire 73 eurodéputés issus de 12 circonscriptions.
Les électeurs du Royaume-Uni étaient les premiers à ouvrir le bal des élections européennes en même temps que les Néerlandais (13,5 millions d’électeurs), mais ils l’ont fait dans un contexte politique particulièrement perturbé, le gouvernement de Mme May ayant encore annoncé le même jour que le vote de la Chambre des communes sur la loi sur l’accord de retrait de l’UE, prévu début juin, serait encore repoussé.
La Première ministre, Mme May, devrait aussi annoncer, dès ce vendredi 24 mai, les modalités et, surtout, le calendrier précis de son départ, plusieurs médias britanniques anticipant même une démission possible au cours du week-end. Mme May a déjà dit qu'elle abandonnerait ses fonctions, mais, initialement elle avait fixé cette date après ce fameux vote à la Chambre des communes.
Alors que le Brexit Party de Nigel Farage caracolait en tête des sondages à la veille du scrutin, de premières critiques sont aussi apparues en milieu de journée sur le déroulement de l’élection avec l’association de défense des expatriés européens au Royaume-Uni « 3Milllions » qui faisait état de l’impossibilité pour les Européens de faire valoir leur vote. Selon l’association, citée par plusieurs médias, les Européens vivant au Royaume-Uni n’auraient pas reçu les bons documents ou pas dans les temps ; des centaines de cas avaient déjà afflué sur les réseaux sociaux avec le mot clef 'deniedmyvote'.
La commission électorale britannique a reconnu que des électeurs n'avaient pas pu voter et a dit comprendre leur frustration. Elle a néanmoins rappelé les règles et souligné dans un communiqué qu'il fallait avoir transféré ses droits de vote depuis son pays d'origine vers le Royaume-Uni au moins 12 jours avant le scrutin. Et l'annonce tardive du gouvernement de la tenue du scrutin au Royaume-Uni a eu un impact sur le respect de cette exigence.
Interrogée à ce sujet, la Commission européenne a expliqué, jeudi midi, que le processus électoral était une affaire nationale et qu’elle n’était donc pas compétente. Sur la situation interne, l’institution a en tout cas rappelé sa position : avec ou sans nouveau Premier ministre britannique, comme Boris Johnson par exemple, qui est candidat à la succession de Mme May, l’accord de retrait tel que négocié entre la dirigeante actuelle et les Européens ne sera pas davantage ouvert à la renégociation. (Solenn Paulic)