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Bulletin Quotidien Europe N° 12261
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SÉCURITÉ - DÉFENSE / CybersÉcuritÉ

L’OTAN veut renforcer ses capacités de dissuasion dans le domaine numérique

Le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, et le secrétaire d’État britannique aux Affaires étrangères, Jeremy Hunt, ont appelé, jeudi 23 mai, au renforcement de la dissuasion de l’Alliance dans le cyberespace. 

« Nous devons examiner comment nous pouvons dissuader les attaques dans le cyberespace », a souligné M. Stoltenberg lors de la conférence au National Cyber Security Centre à Londres. 

Selon lui, une partie de la dissuasion passe par l’attribution des attaques. « Les cyberattaquants doivent savoir qu'ils seront exposés », a-t-il expliqué. 

Mais pour le secrétaire général, les Alliés devraient être prêts à aller plus loin. « Au besoin, nous devons être prêts à utiliser nos cybercapacités pour combattre un ennemi », a-t-il expliqué, prenant l’exemple de la campagne du Royaume-Uni contre la propagande de l’organisation État islamique. « En utilisant des effets cybernétiques nationaux - ou cyberattaques offensives, [les Britanniques] ont réprimé la propagande de l'ISIS et réduit sa capacité à coordonner les attaques et perturbé son recrutement de combattants étrangers », a estimé M. Stoltenberg. 

« Pour que la dissuasion ait son plein effet, les attaquants potentiels doivent savoir que nous ne sommes pas limités à réagir dans le cyberespace lorsque nous sommes attaqués dans le cyberespace. Nous pouvons et nous utiliserons toute la gamme des capacités à notre disposition », a-t-il également prévenu. Une mise en garde soutenue par M. Hunt. 

« Nous devons être parfaitement clairs sur le fait que toute cyberopération visant à manipuler le système électoral d'un autre pays et à en modifier le résultat serait contraire au droit international - et justifierait une réponse proportionnée », a mis en garde le secrétaire général. 

Et d’ajouter : « Nous disposons d'options pour répondre à toute attaque qui tombe sous l'article V. Nous devrions être prêts à les utiliser. » D'après lui, ne rien faire est en soi une décision « importante » et peut avoir de graves conséquences. Selon l’article V, une attaque contre un allié est considérée comme une attaque contre tous les Alliés. L’OTAN a désigné le cyberespace comme un domaine militaire. 

« Plus nous communiquons notre détermination à agir, plus nous réduisons le risque d'erreurs de calcul. Plus nous travaillons ensemble à l'élaboration d'un éventail d'options d'intervention appropriées - et plus nous signalons notre volonté de les utiliser - plus notre pouvoir de dissuasion est grand », a-t-il ajouté, précisant qu’il fallait trouver un équilibre entre « la clarté de notre détermination à agir » et « l'ambiguïté constructive de ce que nous ferions exactement dans des circonstances précises ». 

M. Stoltenberg a rappelé que les Alliés avaient convenu d'intégrer les cybercapacités nationales ou cyberoffensives dans les opérations et missions de l'Alliance. Selon M. Hunt, le Royaume-Uni a été le premier allié à offrir ses cybercapacités offensives à l'OTAN et huit Alliés ont fait de même. 

Preuve de l’intérêt porté à la cyberdéfense, le renforcement des cyberdéfenses et de la résilience seront en haut de l’agenda des chefs d’État et de gouvernement des Alliés lors de leur sommet des 3 et 4 décembre 2019 à Londres. Et le secrétaire général de l’OTAN a aussi convoqué, la semaine prochaine à Bruxelles, une réunion des Conseillers à la sécurité nationale, la première du genre pour l’Alliance. (Camille-Cerise Gessant)

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