À leur arrivée à la réunion informelle des ministres européens chargés des Télécommunications, vendredi 1er mars, plusieurs représentants nationaux ont appelé l'UE à présenter une réponse coordonnée face à Huawei. Comme le veut l'usage, aucune décision formelle n'a toutefois émergé des discussions.
Cette affaire fait suite à la décision américaine d'interdire au géant chinois Huawei, accusé d'espionnage, de participer au déploiement de la 5G sur le territoire américain. Les Européens, eux, n'ont pas encore défini officiellement leur position.
Interrogés par une journaliste de Bloomberg à leur arrivée, certains ministres ont toutefois clairement appelé l'UE à faire des propositions concrètes. C'est le cas du ministre belge, Philippe De Backer, et du ministre norvégien, Nikolai Astrup. « Il serait intéressant de voir les recommandations de l'UE sur les normes de sécurité et les exigences générales. Cela pourrait être utile pour certains États membres », a déclaré ce dernier. La Belgique a, quant à elle, indiqué qu'elle prendrait une décision sur base d'une enquête en cours dès avril. L'Allemagne s'est montrée ouverte à une discussion tout en indiquant qu'il était trop tôt pour prendre des mesures. Les Pays-Bas ont adopté peu ou prou la même approche, soulignant l'importance de la coopération.
La réunion ministérielle portait sur deux thématiques : la stratégie pour un marché unique numérique après 2020 et l'intelligence artificielle. La cybersécurité a fait l'objet de discussions lors du déjeuner de travail. « Nous avons discuté de cybersécurité en général. La préoccupation et la volonté d'avoir un environnement sûr, peu importe le fournisseur, étaient présentes. Les réponses des États membres ont été très différentes. Mais ce fut une bonne occasion pour chacun de participer à une discussion collective », a commenté le ministre roumain des Communications, Alexandru Petrescu. Le vice-président de la Commission Andrus Ansip n'a pas répondu aux questions des journalistes, pour ne pas manquer son avion.
À noter que, le même jour, la Commission a publié une réponse à une question parlementaire de Louis Michel (ADLE, belge) qui plaidait pour un partage d'informations rapide, une capacité de coordination et la capacité d'infliger des sanctions concrètes contre les auteurs de cyberattaques. La Commission a répondu que le Conseil, en coopération avec le Service européen pour l'action extérieure, envisageait de mettre en œuvre des dispositions permettant d'imposer des mesures restrictives pour certains types d'activités en ligne. (Sophie Petitjean)