Lors d'un premier tour de table sur les deux projets de mandats de négociations commerciales avec les États-Unis, vendredi 1er février, les diplomates des États membres chargés des questions commerciales ont fait preuve d'un large soutien à la politique commerciale européenne face à Washington.
Le premier de ces mandats porte sur un accord commercial limité. En ligne avec la classification appliquée par l’OMC, il comprend l'accès aux marchés pour les produits non agricoles (AMNA), soit non seulement les produits industriels, de la pêche et de la sylviculture, de l'accès aux marchés pour les produits agricoles.
Le second mandat porte sur des évaluations de conformité.
D’après une source européenne, ce premier échange de vues, au cours duquel l’aspect technique des mandats n’a pas été abordé, a surtout révélé un soutien important à la stratégie commerciale adoptée par la Commission européenne avec l'administration du président Trump. En effet, la Commission s'en tient strictement à la ligne définie par la déclaration commune ('joint statement') des présidents en juillet 2018 et avec les conclusions du sommet de Sofia. Ces deux mandats contiennent des clauses suspensives indispensables conditionnées à la politique de sanctions commerciales étatsunienne dans le cadre de la section 232.
Quant à l’absence, dans ces accords limités, de chapitre sur le développement durable et de référence à l'Accord de Paris sur le climat, les chancelleries européennes concèdent que le maintien du dialogue avec l’administration Trump bannit de facto ces références.
Les États membres doivent maintenant s’entendre sur la chronologie de cette stratégie, qui découlera, non seulement du calendrier étatsunien, mais aussi du rôle du Parlement européen.
Il se dit en effet que Bernd Lange (S&D, allemand) préparerait un rapport défavorable à ces directives de négociation, une position qui pourrait freiner l'ambition du Conseil.
Ces questions seront traitées lors de la réunion informelle des ministres européens du Commerce, prévue à Bucarest les 20 et 21 février 2019. (Hermine Donceel)