La Haute Représentante de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini, a annoncé, vendredi 1er février à Bucarest, que les ministres européens des Affaires étrangères avaient convenu de se coordonner davantage concernant la Chine, « partenaire stratégique », qui représente à la fois « certaines perspectives, mais aussi certains défis ».
Devant la presse, à l’issue de la réunion ministérielle Gymnich, Mme Mogherini a expliqué que le principal résultat de la discussion entre les ministres avait été « le renforcement de la volonté de mieux coordonner nos positions et d'échanger davantage d'informations ».
Les ministres reviendront sur la question lors d’un Conseil 'Affaires étrangères' formel, avant le sommet annuel UE/Chine, qui aura lieu en avril prochain.
Ainsi, selon la Haute Représentante, il est important que les États membres échangent des informations et coordonnent leurs approches ; entre eux, mais aussi avec les pays candidats à l’UE, notamment les pays des Balkans occidentaux où la Chine investit massivement.
Pour le ministre roumain Teodor Meleșcanu, « il faut promouvoir la coopération avec la Chine sur une base pragmatique ».
La coopération entre les États membres sur la Chine existe déjà. M. Meleșcanu a ainsi rappelé que 16 pays d’Europe de l’Est et centrale se sont déjà réunis au sein du groupe '16+1' pour « gérer au mieux les relations avec la Chine ». « L’objectif est d’avoir des activités dans un climat de transparence plein et entier, dans un cadre qui respecte la législation européenne et les valeurs de l’UE », a-t-il ajouté.
Le ministre a appelé à la révision de la stratégie de l’Europe sur la connectivité avec l'Asie (EUROPE 12099), alors que la Chine développe son initiative de nouvelle Route de la soie ('One Road, One Belt').
De nombreuses questions se posent dans les relations entre l’UE et la Chine. Et alors que Pékin est le premier partenaire commercial d’un certain nombre d’États membres, « comment essaie-t-on d’avoir un ‘level playing field’ dans la relation avec la Chine », s’est interrogé le ministre belge Didier Reynders.
Les investissements chinois sont autant espérés que craints. « Nous sommes tous en train d’attirer des investissements chinois sur le territoire européen, mais quelles sont les protections de nos intérêts stratégiques dans ce domaine ? », s’est demandé M. Reynders. D'après lui, les investissements chinois dans les infrastructures, notamment dans les Balkans, comportent « une part utile », mais aussi « une part de risque stratégique ».
Les Européens mettent en place un cadre règlementaire pour le filtrage des investissements dans l'UE des pays tiers (EUROPE 12141).
« On doit essayer de développer une politique commune en ayant toujours à l’esprit cet équilibre entre les intérêts économiques présents dans tous ces dossiers, et les grands enjeux que nous voulons affronter en matière sociale, environnementale, de droits de l’homme », a résumé M. Reynders. (Camille-Cerise Gessant)