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Bulletin Quotidien Europe N° 12179
SOCIAL - ÉDUCATION / Éducation

Les Britanniques risquent de ne plus pouvoir profiter bientôt des bons résultats d'Erasmus+

Le programme Erasmus+ pour l’éducation, la formation, la jeunesse et le sport a enregistré d'excellents résultats en 2017 et devrait continuer sur cette lancée au cours des prochaines années, selon un nouveau rapport de la Commission européenne publié le 24 janvier. Par contre, les citoyens britanniques pourraient ne plus pouvoir en bénéficier si le 'no deal' venait à se produire, met en garde le commissaire Tibor Navracsics. 

Des chiffres encourageants

Le rapport annuel 2017 sur le programme Erasmus+ montre que 800 000 personnes ont pu étudier, se former ou faire du volontariat à l'étranger au cours de l'année en question, ce qui représente un record et une augmentation de 10 % par rapport à 2016. Le programme a aussi financé la coopération entre des établissements d'enseignement, des organisations de jeunesse et des entreprises : en tout, 84 700 organisations ont participé à 22 400 projets. 

En ce qui concerne la mobilité à l'étranger, véritable faire-valoir de ce programme, la Commission recense un total de 400 000 étudiants, stagiaires et membres du personnel de l'enseignement supérieur pour l'année universitaire 2016/2017. Comme les années précédentes, la France, l'Allemagne et l'Espagne sont les trois principaux pays d'origine des étudiants, tandis que l'Espagne, l'Allemagne et le Royaume-Uni sont les trois pays d'accueil favoris de ces derniers. 

Les étudiants britanniques dans une « mauvaise situation »

Le commissaire européen chargé de l'Éducation, le Hongrois Tibor Navracsics, qui a présenté ces résultats à un petit groupe de journalistes, a été largement questionné sur le Brexit. Il a fait savoir que les participants au programme relevaient d'une définition juridique et qu'il incombait au gouvernement britannique de décider de la manière de se définir juridiquement ainsi que de la relation qu'il souhaitait entretenir avec l'Union européenne à l'avenir.

Interrogé sur de potentielles mesures d'urgence liées au programme Erasmus+ en cas de non-accord (contingency measures), le commissaire a indiqué qu'Erasmus+ faisait partie d'un paquet plus large de programmes et que, de ce fait, il suivrait le destin de ces autres programmes. Mais il a précisé que l'Union européenne avait tenu compte du Brexit dans son appel à propositions 2018 (année 2019). 

Cet appel précise en effet que 'si le Royaume-Uni se retire de l’UE pendant la période de subvention sans conclure avec l’UE un accord garantissant en particulier que les candidats britanniques restent éligibles, ces derniers cesseront de recevoir un financement de l’UE (tout en continuant, éventuellement, de participer), ou seront tenus de quitter le projet (sur la base de l’article II.16.2.1, point a), de la convention de subvention'. Et le commissaire de préciser qu'il revient au gouvernement britannique de décider s'il veut offrir une compensation à tous ces participants « qui sont maintenant dans une situation relativement mauvaise » ('in a relatively bad condition now'). 

Interrogée par EUROPE, la Commission a refusé d’indiquer, si, de son côté, elle entendait soutenir financièrement les étudiants européens qui seraient « exclus » du Royaume-Uni. 

Selon les données disponibles ventilées par pays (appel à propositions 2016), 31 243 étudiants européens ont effectué une partie de leur cursus universitaire au Royaume-Uni et 16 414 étudiants britanniques se sont rendus dans d'autres États membres de l'UE pour étudier. (Sophie Petitjean)

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