Les organisations européennes représentant le monde économique ou les syndicats ont exprimé leur inquiétude, mercredi 16 janvier, au lendemain du rejet massif par le Parlement britannique de l’accord sur un retrait ordonné du Royaume-Uni de l’Union européenne.
Tous redoutent le scénario d’un Brexit sans accord ('no deal') au 29 mars, une possibilité plus que jamais d’actualité. Certains ont néanmoins insisté sur la nécessité de s’y préparer.
« Le vote d'hier a malheureusement considérablement augmenté le risque d'absence d'accord », a déploré Markus J. Beyrer, directeur général de BusinessEurope, pour qui un no deal créerait « le chaos et le désarroi ».
Pour Antoine Leccia, président de la Fédération des exportateurs de vins et spiritueux de France, la décision britannique pourrait s’avérer lourde de conséquences pour l’économie et les citoyens des deux parties.
De son côté, la Fédération européenne des industries et associations pharmaceutiques (EFPIA) considère que la perspective d’un Brexit sans accord fait peser des menaces réelles, tangibles et immédiates pour la sécurité des patients et la santé publique, tant au Royaume-Uni qu'en Europe.
Les petites et moyennes entreprises (PME) sont également préoccupées par le vote des députés britanniques qui augmente leurs craintes d’un Brexit sans accord. Un tel scénario serait « un désastre pour les PME du Royaume-Uni, mais poserait également des problèmes majeurs aux PME du reste de l'UE », selon Ulrike Rabmer-Koller, présidente de l'organisation SMEunited.
Même son de cloche en France provenant de la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) qui s’inquiète des conséquences pratiques d’un no deal, non seulement pour les 30 000 PME françaises qui commercent avec le Royaume-Uni, mais plus généralement pour certains secteurs d’activité.
L'inquiétude est également de mise du côté des syndicats. « Le temps presse et le no deal menace l'emploi et les droits au Royaume-Uni et dans l'UE », a ainsi déclaré Luca Visentini, secrétaire général de la Confédération européenne des syndicats (CES), à propos du rejet de l’accord sur le retrait britannique.
Se préparer à un Brexit pur et simple
Certaines organisations, au-delà de leurs inquiétudes, mettent en avant la nécessité de se préparer le mieux possible à un Brexit sans accord fin mars, afin de limiter ses conséquences néfastes.
Au vu de la situation, BusinessEurope appelle par exemple le Royaume-Uni et l’UE à accélérer les préparatifs dans le but d'atténuer les perturbations majeures qui surviendraient dans des domaines essentiels tels que l'approvisionnement en denrées alimentaires et en médicaments, les transports, la circulation des données numériques, ou les marchés financiers.
Une position que rejoint l’EFPIA pour qui il est temps que les décideurs politiques du Royaume-Uni et de l'UE mettent de côté la politique et prennent des mesures pour éviter que les patients ne subissent les conséquences du Brexit.
Enfin, d'autres organisations soulignent également la préparation des entreprises elles-mêmes à un Brexit sans accord. C’est notamment le cas de l'organisation Finance Watch qui estime que la préparation à un no deal doit être menée aussi bien par les gouvernements que par les entreprises, afin que les citoyens souffrent le moins possible des conséquences d'un Brexit sans accord. (Damien Genicot - stage)