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Bulletin Quotidien Europe N° 12173
INSTITUTIONNEL / Royaume-uni

Une extension du délai de négociations et la tenue d'un deuxième référendum britannique sur le Brexit évoquées au PE

Alors que les dirigeants européens impliqués dans les négociations sur le Brexit se limitent en public à demander au Royaume-Uni d'indiquer l'option privilégiée après le rejet de l'accord sur un retrait britannique ordonné de l'UE (voir autres nouvelles et EUROPE 12172), les eurodéputés vont plus loin dans leur analyse, certains évoquant l'hypothèse d'une extension du délai de négociation et/ou de redonner la parole au peuple britannique, mercredi 16 janvier, lors d'un débat en session plénière à Strasbourg. 

« Nous savons ce que le Parlement britannique ne veut pas, mais nous ne savons pas ce qu'il veut », a considéré Roberto Gualtieri (S&D, italien), membre du groupe de travail du PE sur le Brexit. Et d'ajouter : « Deux solutions demeurent : soit une majorité positive et crédible prend forme au parlement (britannique), soit le moment est venu de reposer la question au peuple britannique. » 

Le coprésident du groupe Verts/ALE, le Belge Philippe Lamberts, a également évoqué la tenue d'un second référendum afin de demander aux citoyens britanniques s'ils veulent « un Brexit tel que négocié ou rester dans l'UE ». 

Néanmoins, pour M. Gualtieri, toute extension du délai de deux ans prévu dans le traité (article 50) pour faire aboutir les négociations menant au retrait d'un État membre de l'UE ne doit pas être « une perte de temps ». « Il n'y a pas de marge de manœuvre pour une renégociation » de l'accord marqué avec les Vingt-sept (EUROPE 12145), a souligné Manfred Weber (PPE, allemand).

Peu surpris par l'issue du vote, Guy Verhofstadt (ADLE, belge) s'est dit ouvert à une prolongation des négociations qui n'aille « pas au-delà de la date des élections européennes », fin mai. 

Le coordinateur du groupe de travail sur le Brexit au PE n'a pas souhaité donner de leçons à la classe politique britannique, tout en lui conseillant de placer l'intérêt du pays au-dessus des intérêts partisans, en vue de parvenir à « une coopération transpartisane, à l'instar de ce qui se produit au Parlement européen », qui permettrait d'éviter un Brexit pur et simple, fin mars. 

Divisions internes britanniques. Les déclarations des eurodéputés britanniques, qui se sont exprimés au nom de leur groupe politique, ont montré les divisions au sein de la classe politique britannique. 

Au nom du groupe CRE, Syed Kamall a évoqué les divergences de perception vis-à-vis du Brexit de part et d'autre de la Manche. Il a noté, par exemple, que l'UE défendait ses intérêts en refusant que le Royaume-Uni soit mieux loti hors de l'UE qu'en tant qu'État membre, alors que nombre de députés britanniques ne veulent pas que leur pays soit pris au piège de la question irlandaise. 

« L'UE a été très patiente. J'ai peur qu'elle doive attendre davantage », a-t-il ajouté, n'abandonnant pas l'espoir de nouvelles concessions de l'UE. 

Membre du parti Sinn Féin actif en Irlande du Nord, Martina Anderson (GUE/NGL, britannique) a estimé que certains au Royaume-Uni voyaient dans le Brexit une façon d'en finir avec l'Accord du Vendredi saint, qui a mis fin au conflit armé en Irlande du Nord. Elle a rappelé que cet accord, scellé en 1998, prévoyait la possibilité de tenir un référendum sur l'unité irlandaise.

Au contraire, l'eurodéputée Diane Dodds (NI), membre du parti nord-irlandais DUP, a jugé que le Parlement britannique avait défendu avec force « l'intégrité de notre précieuse union ». Prolongation des négociations ou deuxième référendum ? Ni l'un ni l'autre : le Royaume-Uni quittera l'UE le 29 mars, a-t-elle indiqué, appelant de ses vœux la négociation d'un accord bilatéral de libre-échange post-Brexit. « Il ne peut y avoir d'accord » sur un retrait ordonné, a renchéri Gerard Batten du groupe ENL. 

Quant à Nigel Farage, s'exprimant au nom du groupe ELDD, il s'est dit convaincu que les partisans du Brexit l'emporteront « à une majorité encore plus grande » en cas de tenue des élections européennes au Royaume-Uni et de deuxième référendum sur le Brexit(Mathieu Bion)

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