Le candidat du PPE pour succéder à Jean-Claude Juncker à la tête de la Commission européenne, Manfred Weber, a lancé, mercredi 9 janvier, sa campagne en inaugurant un « tour d’écoute » des citoyens.
Cela l'a amené à Chypre, puis en Espagne et en Lituanie. Soutenu, face à Alexander Stubb, à près de 80 % des voix en novembre, le chef du groupe PPE au PE veut inscrire sa campagne dans la ligne du « changement » et non de « la continuité », a-t-il dit aux journalistes, et compte présenter des propositions très concrètes bientôt.
En attendant, il s’est dit ouvert à parler à toutes les formations politiques ayant une vision pro-européenne et a exclu de travailler avec les partis anti-UE, le candidat citant notamment le Rassemblement national français ou l’AfD allemand.
Il estime néanmoins que le discours sur l’UE ne peut se résumer à un « oui » ou un « non » à l'UE, ciblant ici Emmanuel Macron, dont il a raillé le ralliement à Mark Rutte, les deux hommes ayant, selon lui, peu en commun. Il a aussi cité la famille socialiste qu’il considère en errance idéologique.
Si le candidat PPE est ouvert à toute formation politique ayant un discours constructif sur l’UE, le directeur de campagne du PPE, Dara Murphy, a toutefois rejeté les affirmations d’Euractiv selon lesquelles M. Weber serait prêt à travailler avec Matteo Salvini et le PiS polonais. Interrogé à ce sujet, il n'a pourtant pas non plus rejeté expressément une coopération de cette nature, estimant que ce qui compte finalement, en plus d'une vision pro-UE, c'est « de réaliser les attentes des gens ».
Au sujet du Premier ministre hongrois, Viktor Orbán, la position de l’Allemand apparaît en tout cas également un peu floue : s’il a rappelé avoir soutenu l'article 7 du TUE contre la Hongrie (EUROPE 12094), il ne s'exprime toujours pas sur les propos polémiques récurrents du dirigeant hongrois. (Solenn Paulic)