Gagner du temps peut être une bonne stratégie, mais seulement s’il y a un enjeu. Et alors que débutent les vacances de fin d’année, il n’est pas encore établi quand et comment le Brexit se déroulera ni s’il aura effectivement lieu.
De nombreuses rumeurs circulent, et de nombreux scénarios sont envisagés pour la suite des événements. Tout ce que nous savons avec certitude, c’est qu’un vote sur l’accord de retrait entre le Royaume-Uni et l’UE est prévu le 14 janvier (EUROPE 12161) - et que, conformément à la loi de retrait adoptée par le Parlement britannique, ce dernier a jusqu’au 21 janvier pour présenter une déclaration destinée à éviter une absence d’accord.
Mais les deux parties semblent multiplier les préparatifs pour faire face à ce scénario, alors que le Royaume-Uni supprime des termes qualifiés d’« improbables » dans les notes d’information du gouvernement et que des ministres, comme Sajid Javid, prônent une « absence d’accord contrôlée » en concluant différents accords sectoriels afin de maintenir la fluidité des liaisons aériennes et des échanges. Pour sa part, le chancelier de l'Échiquier, Philip Hammond, appelle les ministères du gouvernement à allouer au budget les deux milliards de livres du fonds d’urgence qu’il a prévus pour des domaines tels que les douanes, l’immigration et les infrastructures commerciales.
Cette semaine, l’UE a également étoffé ses préparatifs en cas d’absence d’accord dans plusieurs secteurs (EUROPE 12163). Mais les deux parties travaillent en parallèle et il est difficile de dire si une solution peut être trouvée à moins d’un mois du second vote. Les négociateurs de l’UE et du Royaume-Uni ne se sont pas rencontrés, même sur un plan technique, depuis le sommet de décembre (EUROPE 12160, 12159), ce qui témoigne de la tension et de la frustration qui animent Bruxelles face au processus politique britannique.
Étendre la période de négociation prévue à l’article 50 semble être la solution la plus rapide à mettre en place. Mais elle ne sera utile que si l’UE peut réellement inverser la tendance et donner à Theresa May les « assurances » dont elle prétend avoir besoin pour convaincre les plus fervents partisans du Brexit. (Version originale anglaise par Sarah Collins)