Le sort en est jeté. Le Pacte mondial onusien pour des migrations sûres, ordonnées et régulières, a été endossé, lundi 10 décembre à Marrakech, par quelque 150 pays sur 195, dont la majeure partie des États membres de l’UE, à défaut de l’ensemble, puisque cet accord a fait l’objet, ces dernières semaines, de nombreuses crispations.
Le Premier ministre belge, Charles Michel, en sait quelque chose, pour s’être rendu à Marrakech au prix d’une crise politique qui a vu le parti des nationalistes flamands (NVA) quitter le gouvernement de coalition, dimanche, tandis que le Parti populaire déposait, lundi, une motion de méfiance contre le gouvernement.
Allemagne, Danemark Espagne, Grèce et Portugal étaient représentés à Marrakech par leur chef de gouvernement. La France était représentée par le secrétaire d’État aux Affaires étrangères, Jean Baptiste Lemoyne, le président Macron étant retenu par les consultations pour tenter de sortir de la crise des 'gilets jaunes'.
Le Pacte a été adopté après proclamation orale.
Ce cadre de coopération internationale non contraignant « n'est pas un Traité » et n'impose aucune obligation aux États, a affirmé le secrétaire général de l'ONU, António Guterres.
La prochaine étape sera le vote de ratification, le 19 décembre, lors de l’Assemblée générale des Nations Unies.
Autriche, Hongrie, Pologne, République tchèque, Slovaquie, Bulgarie et Italie ont déjà annoncé qu'ils ne signeraient pas ce Pacte.
La Commission ne veut pas dramatiser. À un journaliste qui lui demandait, lundi à Bruxelles, si l’Autriche n’avait pas ouvert la boîte de Pandore avec des conséquences incontrôlables pour l’Europe, le commissaire européen à l’Élargissement, Johannes Hahn (de nationalité autrichienne), a tenu à minimiser les responsabilités.
« L'Autriche a lancé une sorte de processus de discussion et cela se produit, parfois », a-t-il déclaré, en marge de la réunion des ministres européens des Affaires étrangères. Quant à savoir s'il est inquiet des dissensions entre Européens, il a répondu : « Il arrive que les États membres ne trouvent pas de position commune. Nous ne sommes pas surpris qu'il n'y ait pas de grands progrès dans le domaine de la migration. Mais j'espère que tout cela nous conduira à nous asseoir autour de la table et à discuter pour éclaircir les choses, notamment si le statut juridique de réfugié et celui de migrant sont encore imprécis. » (Aminata Niang)