login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 12156
ACTION EXTÉRIEURE / Ukraine

Mer d'Azov, M. Klimkin repart de Bruxelles avec des promesses, mais sans annonces concrètes de l'UE

Le ministre des Affaires étrangères ukrainien, Pavlo Klimkin, venu présenter ses doléances à ses homologues de l'Union européenne, lundi 10 décembre, est reparti avec, certes, des promesses, mais aucune mesure supplémentaire concrète de l'UE sur la question de la mer d'Azov. 

Ainsi, selon M. Klimkin, les Européens, en plus de l'assurance qu'ils allaient redoubler d'efforts pour libérer les marins ukrainiens arrêtés en mer d'Azov (EUROPE 12124), ont indiqué réfléchir à l’introduction d’un mécanisme international « par exemple une surveillance internationale [international monitoring] », pour la liberté de navigation dans le détroit de Kertch. « Bien sûr, des discussions supplémentaires avec la Russie sont nécessaires », a ajouté l'Ukrainien. 

Devant la presse, la Haute Représentante de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini, a confirmé qu’elle avait plaidé auprès du ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, pour la libération sans délai des marins et de leurs navires, pour la liberté de navigation en mer d’Azov, tout comme l’ont fait les États membres, selon elle. 

Pour M. Klimkin, il est aussi « fondamental de ne pas laisser la Russie déstabiliser le Donbass et le sud de l’Ukraine ». Pour cela, il demande à l’UE de financer des projets, notamment de fourniture d’eau, ou d’efficacité énergétique. « J’espère que cela va être discuté d’une manière très rapide », a-t-il souligné. 

Selon Mme Mogherini, l’UE et les États membres étudient des mesures concrètes pour aider davantage les régions les plus touchées par une limitation du trafic de cargo. « Nous avons discuté avec M. Klimkin et le commissaire à la Politique de voisinage, Johannes Hahn, de projets que l’UE pourrait financer et soutenir pour aider la région », a-t-elle expliqué, précisant que le travail allait désormais se poursuivre au niveau des services. 

Enfin, M. Klimkin a appelé à des sanctions supplémentaires, que ce soit des mesures ciblées (contre des personnes ou des entités) ou envers les installations portuaires russes. « Cela va être à l’étude », selon lui, bien que Mme Mogherini ait seulement précisé que les sanctions étaient un élément parmi d'autres dont disposait l’UE pour faire pression, mais que le plus important était les « mesures pratiques » que l’UE pouvait donner à l’Ukraine. 

L’introduction de nouvelles sanctions divise les Européens. Mais M. Klimkin a au moins reçu le soutien du Lituanien Linas Linkevičius. « Des sanctions concernant cet incident [en mer d’Azov, le 25 novembre] devraient être sur la table », a-t-il estimé à son arrivée au Conseil. Il a précisé que son pays avait à cet effet listé 20 militaires, superviseurs et autres dirigeants de flottes en mer Noire qui ont un lien avec cet incident. « Ce serait plus efficace au niveau européen qu’au niveau national », a-t-il affirmé. 

Sanctions en lien avec les élections dans le Donbass

Par ailleurs, comme annoncé dans nos pages (EUROPE 12153), le Conseil a sanctionné neuf personnes en raison de leur implication dans les élections organisées le 11 novembre dans les Républiques populaires de Donetsk (RPD) et Louhansk (RPL), jugées illégales et illégitimes par l’UE. 

Il s’agit des présidentes des commissions électorales centrales de la RPD, Olga Pozdnyakova, et de la RPL, Elena Kravchenko, de leurs vice-présidents, respectivement Aleksey Naydenko et Maksim Svidchenko, et des secrétaires des commissions, Vladimir Vysotskiy (RPD) et Ekaterina Tereshchenko (RPL). Vladimir Bidyovka, président du ‘Conseil populaire’ de la ‘République populaire de Donetsk', et son homologue à Louhansk, Denis Miroshnichenko, et au ‘dirigeant élu’ de la RPL, Leonid Pasechnik se voient aussi imposer une interdiction de visa et un gel de leurs avoirs. « Par leurs actions, elles ont contribué à compromettre davantage l'intégrité territoriale, la souveraineté et l'indépendance de l'Ukraine », justifie le Conseil dans son communiqué.

Avec cette nouvelle décision, 164 personnes et 44 entités font l’objet de mesures pour leurs actions à l’encontre de l’intégrité territoriale de l’Ukraine. (Camille-Cerise Gessant)

Sommaire

ACTION EXTÉRIEURE
COUR DE JUSTICE DE L'UE
INSTITUTIONNEL
POLITIQUES SECTORIELLES
SOCIAL
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
CONSEIL DE L'EUROPE
BRÈVES