Le Conseil des Affaires étrangères de l'Union européenne a annoncé, lundi 10 décembre, qu’il allait adopter de nouvelles sanctions à l’encontre de responsables de violations des droits de l’homme en Birmanie.
« Le Conseil a l'intention de procéder à des désignations supplémentaires pour adopter des mesures restrictives à l'encontre de hauts responsables militaires et d'officiers de la police des frontières responsables de violations des droits de l'homme », préviennent ainsi les ministres dans leurs conclusions. De plus, selon eux, il « convient d'étudier des possibilités d'étendre le champ d'application des mesures restrictives pour y inclure également les entités ». L’UE a déjà sanctionné, en juin dernier, sept hauts gradés des forces armées et de la police des frontières (EUROPE 12048) et applique un embargo sur les armes.
Le Conseil entend aussi agir « rapidement » au niveau international, pour donner suite aux recommandations pertinentes de la mission d'établissement des faits, en particulier la mise en place d'un 'mécanisme indépendant' visant à approfondir les enquêtes et à préparer une procédure pénale impartiale et indépendante, conformément aux normes de droit international, afin de s'attaquer à la question importante de l'obligation de rendre des comptes, préviennent les ministres. Ils rappellent qu'un grand nombre de certaines violations commises constituent « les crimes les plus graves au regard du droit international ».
Le Conseil invite aussi les autorités birmanes à coopérer avec la Commission européenne dans le cadre de l'initiative 'Tout sauf les armes', rappelant que « le respect des droits de l'homme et des droits des travailleurs est la condition pour l'octroi de préférences commerciales ».
Les ministres demandent une nouvelle fois au gouvernement de réaliser des progrès pour que les personnes déplacées puissent bénéficier d'un retour sûr, volontaire, digne et durable. « De véritables efforts doivent être réalisés pour s'attaquer aux causes profondes de la crise, par une mise en œuvre transparente et vérifiable de l'ensemble des recommandations formulées par la Commission consultative sur l'État de Rakhine », ajoutent-ils.
Par ailleurs, la Commission européenne a annoncé, lundi 10 décembre, le déblocage d’une enveloppe supplémentaire de 5 millions d'euros pour fournir une aide alimentaire vitale aux Rohingyas bloqués au Bangladesh. Ce montant vient s’ajouter aux 40 millions annoncés en mai (EUROPE 12031). (Camille-Cerise Gessant)