La Haute Représentante de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini, a exhorté, jeudi 8 novembre, les présidents kosovar, Hashim Thaçi, et serbe, Aleksandar Vučić, à créer un « environnement propice au dialogue ».
« L'Union européenne attend de la Serbie et du Kosovo qu'ils honorent rapidement leur engagement en faveur du dialogue », a souligné le Service européen pour l’action extérieure dans un communiqué publié à l’issue de la réunion du dialogue à haut niveau tenue à Bruxelles.
Selon le SEAE, lors de ses entretiens avec les deux présidents, Mme Mogherini a mis en exergue « la nécessité […] de créer un environnement propice au dialogue et de s'abstenir de paroles, d'actes et de mesures contraires à l'esprit de normalisation ».
Le Kosovo a imposé, le 6 novembre, une taxe à l'importation de 10 % sur les produits en provenance de la Serbie et de la Bosnie-Herzégovine, décision que la Commission européenne a dénoncée, estimant qu’elle était en violation des obligations de Pristina en vertu de l’accord de libre-échange centre-européen (CEFTA) et qu’elle sapait la coopération régionale. En représailles, le président serbe a annoncé qu’il n’y aurait pas de rencontre entre les deux parties tant que la taxe n’aura pas été supprimée.
M. Vučić a aussi critiqué le projet du Kosovo de créer une armée. M. Thaçi a estimé pour sa part que la partie serbe était « agressive et arrogante ».
Pour tenter d’apaiser les nombreuses tensions, les présidents et la Haute Représentante ont discuté « des mesures nécessaires pour aller de l'avant » et décidé de « rester en contact permanent dans les prochains jours » pour évaluer le suivi de la réunion du 8 novembre, toujours selon le Service européen pour l'action extérieure.
Le SEAE a également rappelé « le lien direct » existant entre la normalisation globale des relations et les perspectives concrètes des aspirations européennes des deux pays. (Camille-Cerise Gessant)