Les ministres européens responsables des questions spatiales ont adopté deux résolutions fixant un mandat clair pour l’Agence spatiale européenne (ESA) relatif à la future relation avec l’Union européenne, mais aussi aux futurs programmes, activités et fonctionnement organisationnel de l’Agence après 2019, à l’occasion de la réunion ministérielle intermédiaire qui s'est tenue jeudi 25 octobre à Madrid.
« Ces résolutions ont été adoptées à l’unanimité », s’est félicité le directeur général de l’ESA, Jan Wörner, qui a rappelé que cette réunion intermédiaire avait été décidée par les ministres en 2016 (EUROPE 11681), afin de faciliter la prise de décision en vue de la réunion ministérielle en novembre 2019 et ainsi éviter certains déboires passés.
La première résolution vise ainsi à établir une relation « appropriée » entre l’ESA et l’UE dans le contexte du prochain cadre financier pluriannuel de l’UE et du Programme spatial pour l’Europe, mais aussi en lien avec la résolution relative à « l’espace 4.0 » et « L’Espace uni en Europe » ('United space in Europe'). Les ministres proposent à l’UE de transférer « à un niveau adéquat » les responsabilités de gestion en lien avec le futur partenariat afin de garantir une gestion efficace, aussi en termes de limitation des coûts (‘cost-effective’).
Ils ont, à cet effet, renouvelé les points qui devront figurer dans le futur accord-cadre de partenariat financier, comme le périmètre d’activité de l’ESA, ses droits et obligations et autres aspects financiers, en lien avec le nouveau règlement établissant le Programme spatial européen.
La deuxième résolution, qui est à la fois programmatique et organisationnelle, définit 4 piliers d’activité : - 1) science et exploration robotique et humaine ; - 2) sûreté et sécurité face à des menaces d’origine spatiale (astéroïdes menaçant la terre ou débris spatiaux) ou d’origine terrestre (activité volcanique, tremblements de terre), ainsi que la cybersécurité ; - 3) télécommunications, observation terrestre et navigation ; - 4) développement et soutien aux technologies, notamment dans le transport spatial.
Feuille de route commune. La Présidence autrichienne du Conseil de l’UE et la présidence espagnole de l’ESA ont présenté une feuille de route commune qui prévoit de faire de l’Europe un acteur de premier plan dans l’exploration spatiale, notamment de la Lune et de Mars, en partenariat avec les États-Unis et la Chine. Cette feuille de route envisage aussi une réorganisation de l’ESA pour accélérer le processus décisionnel et rationaliser les procédures. Enfin, le document préconise l'application du principe de « préférence européenne ».
Préférence européenne. À cette occasion, le directeur général a annoncé que cinq États membres de l’ESA (France, Allemagne, Italie, Espagne et Suisse) ont signé une déclaration commune dans laquelle ils s’engagent à privilégier les lanceurs européens, notamment Ariane 6 et Vega C. La Commission devrait signer cet accord sous peu, ainsi que d’autres États membres, a-t-il fait savoir.
Télescope ‘FlyEye’. M. Wörner s'est félicité, par ailleurs, du fait que l’ESA et l’Agence spatiale italienne se sont mises d’accord pour développer le télescope FlyEye, qui aura pour rôle de surveiller l’espace et, notamment, les astéroïdes, qui pourraient potentiellement menacer la terre.
Pour consulter les résolutions et la feuille de route : https://bit.ly/2PtzbGb. (Pascal Hansens)