Les ministres européens de l’Environnement veulent non seulement un 8e programme d’action pour l’environnement (PAE) de l’UE quand aura expiré le 7e PAE en 2020, mais ils ont en outre plaidé, lundi 29 octobre à Graz, pour que la biodiversité et ses moyens de financement figurent parmi les priorités pour guider la politique future de l’UE.
Le contenu d’un éventuel futur PAE a fait l’objet d’un échange de vues entre les ministres européens, en marge de la réunion conjointe des ministres des Transports et de l’Environnement (EUROPE 12126).
Saluant une « discussion intense sur un nouveau programme d'action pour l'environnement », Elisabeth Köstinger, la ministre autrichienne de la Durabilité et du Tourisme, qui a présidé la session, a déclaré à la presse : « un consensus s'est dégagé. Pour les États membres, le 8e programme d'action doit contenir aussi les thèmes de la biodiversité et la bioéconomie et, surtout, les nouveaux moyens de financement ». Elle s'exprimait mardi 30 octobre avant que ne débute la session conjointe.
À ce stade, rien n'est encore décidé et il est bien trop tôt pour dire si un 8e PAE prendra la relève du 7e PAE en 2020.
Le commissaire européen à l'Action pour le Climat, Miguel Arias Cañete, l'a sous-entendu. « Le 7e programme d'action pour l'environnement propose une vision de long terme à l'horizon 2050 pour rester dans les limites de la planète. Son évaluation est en cours. Elle devrait être achevée en début d'année prochaine. Ce sera à la prochaine Présidence du Conseil de proposer s'il faut ou non un huitième plan d'action », a-t-il déclaré. Et d'ajouter néanmoins « le 7e PAE a été utile ».
L'opportunité d'un 7e PAE avait, en son temps, amplement nourri le débat, la Commission européenne étant initialement réticente. C'est l'insistance des ministres européens qui avait permis qu'il voie le jour en 2014.
La volonté exprimée par les ministres à Graz tombe à point nommé, en amont de la COP 14 de la Convention sur la diversité biologique (EUROPE 12125). Il coïncide avec la publication, mardi, du rapport alarmant du WWF ('Living Planet report' 2018) montrant qu'en 44 ans (1970-2014), les populations mondiales de vertébrés (poissons, oiseaux, mammifères, amphibiens et reptiles) ont décliné de 60 % en moyenne. (Aminata Niang)