La porte-parole du Service européen pour l’action extérieure a exhorté, lundi 29 octobre, à la convocation rapide du Parlement au Ski Lanka, alors que la situation dans le pays s’est dégradée rapidement pendant le week-end. Vendredi 26, le président Maithripala Sirisena a démis de ses fonctions le Premier ministre, Ranil Wickremesinghe, qui refuse de quitter le pouvoir, et nommé à sa place l’ancien président, Mahinda Rajapakse.
« La détérioration soudaine de la situation au Sri Lanka au cours du week-end dernier met le pays en danger d'instabilité et de troubles », a prévenu la porte-parole dans un communiqué.
Expliquant que l’ambassadeur de l’UE sur place Tung-Lai Margue avait rencontré M. Sirisena, pour exprimer l’« espoir qu'une solution respectueuse de la constitution du pays pourra être trouvée rapidement », la porte-parole a estimé qu’afin de trouver une telle solution, « il [était] important que le président autorise la convocation immédiate du Parlement afin que les représentants élus du peuple sri-lankais puissent remplir leurs fonctions ».
Le Premier ministre déchu réclame une session d'urgence du Parlement, suspendu par le président jusqu'au 16 novembre, pour prouver qu'il détient toujours la majorité. La suspension de toute réunion des 225 députés pourrait donner au Premier ministre nommé le temps nécessaire pour rassembler une majorité.
« Dans le contexte actuel de tensions et d'incertitudes, il est de la plus haute importance que la violence et les provocations soient évitées et que les forces de l'ordre agissent avec retenue », a ajouté la porte-parole du SEAE. Des gardes du corps d’un ministre du gouvernement déchu ont tiré sur des partisans du président, faisant un mort et deux blessés. Le président du Parlement sri-lankais, Karu Jayasuriya, a, lui, mis en garde contre un « énorme bain de sang » si les députés n’étaient pas consultés pour ce changement de gouvernement.
Déjà pendant le week-end, les ambassadeurs de l'UE, de France, d'Allemagne, d'Italie, des Pays-Bas, de Roumanie et le Haut Commissaire du Royaume-Uni avaient exhorté « toutes les parties à agir pleinement conformément à la Constitution sri-lankaise, à s'abstenir de recourir à la violence, à suivre la procédure institutionnelle régulière, à respecter l'indépendance des institutions et la liberté des médias ». (Camille-Cerise Gessant)