L’Association européenne des universités (EUA) a dénoncé l’immixtion du gouvernement hongrois dans l’autonomie des universités, vendredi 26 octobre au lendemain de l’annonce par l’Université d’Europe centrale (‘Central European University’ – CEU) du déménagement d’une large partie de ses activités vers Vienne en Autriche, notamment pour les étudiants américains (EUROPE 12125).
Cette décision de la CEU, fondée par le milliardaire George Soros, a été prise en raison d’une loi hongroise qui la vise directement. Cette loi, qui a été contestée par la Commission devant la Cour de Justice de l’UE (EUROPE 11921), exige de toute université étrangère de fournir des enseignements dans son pays d’origine.
La CEU a ainsi développé un programme au Bard College à New York. Pour autant, explique l’EUA, bien que la CEU se soit mise en conformité avec les nouvelles dispositions de la loi, les autorités hongroises tarderaient à valider l’accord entre les deux institutions d’enseignement supérieur. D’où la décision de la CEU de déménager une partie de ses activités.
« Cette annonce s’inscrit dans un contexte de préoccupations croissantes et sérieuses quant à la trajectoire négative de l’autonomie des universités et de la liberté académique en Hongrie », explique l’EUA dans son communiqué. Elle rappelle à titre d’exemples l’interdiction des programmes d’études sur le genre, la mise en place d’un cadre fiscal « exceptionnellement élevé » sur les programmes destinés aux réfugiés et les demandeurs d’asile, enfin l’intimidation des universitaires par les médias hongrois.
Le Parlement européen a déclenché le 12 septembre une procédure dite 'article 7' du traité sur le respect de l’État de droit en Hongrie (EUROPE 12094). Budapest a immédiatement contesté cette initiative devant la Cour (EUROPE 12125). (Pascal Hansens)