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Bulletin Quotidien Europe N° 12124
PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / Arabie saoudite

Donald Tusk met en garde contre toute hypocrisie dans la recherche de la vérité sur le crime de Jamal Khashoggi

Le président du Conseil européen, Donald Tusk, a mis en garde, mercredi 24 octobre, lors d'un débat en session plénière du Parlement européen, les États membres contre toute tentative de protéger l’Arabie saoudite, demandant que toute la lumière soit faite sur « l'assassinat choquant » du journaliste Jamal Khashoggi. 

« Ce fut un crime si horrible que même la moindre trace d'hypocrisie nous ferait honte », s'est ému M. Tusk. Il a espéré ainsi que les députés européens ne permettent pas « que l'Europe, les États membres ou les institutions s'engagent dans un jeu ambigu ».« Ce n'est pas mon rôle de dire qui veut protéger les intérêts de qui ici. Mais je sais une chose : le seul intérêt européen est de révéler tous les détails de cette affaire, quel qu'en soit l'auteur », a-t-il lancé. 

Tentative de coordination de la réponse européenne

La veille, toujours devant le Parlement européen, la Haute Représentante de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini, a estimé que, si l’Arabie saoudite venait d'arrêter un certain nombre de fonctionnaires dans le cadre de cette affaire, « il [manquait] encore trop de détails sur ce qui est arrivé au journaliste ». 

« La confirmation de sa mort est un premier pas vers la vérité et la responsabilité, mais les explications fournies jusqu'ici par les autorités saoudiennes laissent beaucoup de doutes et de questions sans réponse », a-t-elle expliqué. « Nous espérons que tout le monde travaillera dans le but d'établir les faits. […] L'enquête doit être motivée par la recherche de la vérité et non par la géopolitique », a-t-elle prévenu, demandant à l’Arabie saoudite de pleinement collaborer avec les autorités turques. 

« Nous n'attendrons pas seulement d'avoir plus de clarté ou de la demander, nous continuerons également à agir ensemble, avec nos partenaires, pour obtenir de la clarté », a-t-elle averti. 

La Haute Représentante a annoncé que la réaction européenne dépendrait des prochaines mesures prises par les autorités saoudiennes. « Et nous continuerons à suivre le dossier et à travailler pour coordonner la réaction appropriée qui devra être unitaire au niveau européen et avec nos partenaires internationaux », a-t-elle ajouté, alors qu’une déclaration commune des ministres des Affaires étrangères du G7, publiée en parallèle, ne fait référence à aucune réaction possible. « Nous pouvons tous travailler pour plus d'unité et je pense que nous avons le devoir de le faire dans les jours à venir pour réagir correctement, rationnellement, unis et en coordination avec nos partenaires internationaux », avait insisté Mme Mogherini. 

Mais la Haute Représentante a reconnu que jusqu’à présent, les États membres réagissaient à ce meurtre en ordre dispersé. « J'ai remarqué qu'il y a actuellement des différences d'attitude entre les États membres sur certaines des mesures », avait-elle admis. À titre d’exemple, si l’Allemagne a annoncé une suspension de ses ventes d'armes à destination de l'Arabie saoudite, le Parlement espagnol, au contraire, a voté pour poursuivre la vente. 

Un projet de résolution commune des groupes PPE, S&D, CRE, ADLE, GUE, Verts/ALE et ELDD, qui sera mis au vote ce jeudi 25 octobre, appelle le Conseil a adopter un embargo sur les armes à destination de l’Arabie saoudite (EUROPE y reviendra). (Camille-Cerise Gessant)

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