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Bulletin Quotidien Europe N° 12124
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ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / Italie

Au PE, l'opposition politique italienne demande au gouvernement Conte de revoir sa politique budgétaire pour 2019

Plusieurs élus italiens des groupes social-démocrate et chrétien-démocrate au Parlement européen, issus de partis siégeant désormais dans l'opposition au niveau national, demandent au gouvernement de Giuseppe Conte d'éviter la confrontation ouverte avec les pays de la zone euro en acceptant de modifier le projet de budget italien pour 2019, conformément à la requête inédite formulée mardi 23 octobre par la Commission européenne (EUROPE 12123). 

« Le gouvernement italien a délibérément ouvert un conflit avec les institutions européennes », estime Mercedes Bresso (S&D), critiquant « la mise en scène d'une querelle avec l'Europe à des fins électorales ». Son homologue, Roberto Gualtieri, dénonce un projet de budget « populiste » qui « sera payé par les générations futures ». 

En se comportant de la sorte, le gouvernement met en danger tout débat sur une réforme de la zone euro, estime le groupe S&D. 

Pour Salvatore Cicu (PPE), l'Italie ne peut pas se permettre à moyen terme un service de la dette publique reposant sur des taux d'intérêt supérieurs de 2 % à ceux sur la dette souveraine des autres pays de la zone euro. 

 « Mettez de l'ordre dans les comptes publics, renoncez au revenu de citoyenneté et pariez véritablement sur l'impôt à taux unique ('flat tax'), les infrastructures et des mesures efficaces pour l'emploi des jeunes ! », a exhorté son homologue, Massimiliano Salini. 

Dans les colonnes du journal Le Soir, Marco Valli, eurodéputé du Mouvement 5 étoiles, a justifié l'action du gouvernement Conte. Le projet de budget italien envoie « un message clair de changement par rapport aux politiques d’austérité » qui ont réduit les dépenses, baissé les salaires et libéralisé le marché du travail. « Notre solution est keynésienne », a-t-il estimé, évoquant des réformes structurelles, comme une loi 'anticorruption' et la réduction de la bureaucratie, ainsi qu'une augmentation momentanée des dépenses publiques, notamment via l'investissement public, pour stimuler la croissance. (Mathieu Bion avec Lucas Tripoteau)

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