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Bulletin Quotidien Europe N° 12124
PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / Conseil europÉen

L'absence de résultats au sommet d'octobre exaspère les eurodéputés

Les membres du Parlement européen ont vertement critiqué, mercredi 24 octobre, l’inaction du Conseil européen qui n’a pas pu aboutir, mercredi 17 et jeudi 18 octobre à Bruxelles (EUROPE 12119, 12120), à un accord ni sur la sortie ordonnée du Royaume-Uni de l’Union européenne, ni sur la réforme du système européen d’asile,  ni sur l'approfondissement de l’Union économique et monétaire. 

Si l’impossibilité d’avoir un accord avec Londres n’est pas tellement du seul fait des Vingt-sept et est en grande partie liée aux « contradictions » britanniques, les Vingt-sept « n’ont pas d’excuses sur les autres sujets », a relevé le Belge Philippe Lamberts, coprésident du groupe des Verts/ALE. Le Conseil européen, qui est l’organe politique qui fait avancer les choses s’est pourtant doté d’un « pompeux  'Leaders' Agenda' » en 2016, a-t-il ironisé. 

Du côté du groupe PPE et de sa vice-présidente Françoise Grossetête, les résultats de ce Conseil sont en effet un peu maigres et la volonté politique peut être mise en doute. Les dirigeants européens se « réunissent, mais ne décident pas ». Ils font des « promesses » et des déclarations de « bonnes intentions » et « c’est le blocage derrière ». La Française a cité l’exemple de la migration, dossier pour lequel « on connaît les solutions ». Si un consensus existe sur le volet externe, sur « la dimension interne et l’organisation de la solidarité, aucune solution pérenne ne se dessine ». « Quand la volonté politique est là, aucun obstacle n’est infranchissable », a-t-elle noté. 

Le socialiste allemand Udo Bullmann (S&D) a aussi eu du mal à trouver des points positifs. En réponse au président du Conseil européen, Donald Tusk, qui avait, au préalable, noté des progrès sur la migration et le renforcement des frontières extérieures, il s’est demandé de quoi le Polonais parlait et a fustigé le scandale que constitue l’absence de réponse aux morts en Méditerranée. Il a à nouveau plaidé pour des corridors sûrs pour les migrants. 

Le débat serait resté celui, classique, d’un bilan de Conseil européen, si l’ambiance ne s’était pas échauffée après des propos du Britannique Syed Kamal, chef de file du groupe CRE. Celui-ci a en effet fait une sortie assez malheureuse assimilant le nazisme au socialisme. 

Signe que les députés n’avaient que peu de choses à dire sur ce sommet, la passe d’armes entre ce dernier et Udo Bullmann, à laquelle d’autres ont participé, comme le président du PE, Antonio Tajani, aura duré presque un quart d’heure. Le Britannique répondait aux propos du chef de file du S&D selon lesquels le nationalisme et l’extrémisme de droite sapent l’UE. Ce à quoi Syed Kamal a répondu que, quand « on parle d’extrémistes de droite, on doit se souvenir que les nazis étaient des nationaux-socialistes. Une ‘souche’ du socialisme ». Il a dû s’excuser. 

Pour Guy Verhofstadt, président du groupe ADLE, ce sommet a en effet été celui du vide. « Dix ans après la crise, la zone euro n’a toujours pas de gouvernance », a-t-il entre autres déploré. Il a préconisé que Donald Tusk change de méthode et « enferme les leaders dans une salle » jusqu’à ce qu'ils  décident. 

Sur le Brexit, il s’est dit encore « optimiste », mais a ironisé sur les pourcentages utilisés par le Premier ministre britannique, Theresa May, selon laquelle 95 % de l’accord de retrait serait bouclé (EUROPE 11122). « 90 ou 95, pour le PE cela fera toujours 0 % s’il n’y a pas de filet de sécurité pour l’Irlande du Nord et pas de respect de l’Accord du Vendredi saint ». 

M. Tusk a dit comprendre la déception des députés parce que l'approche globale du Conseil européen dans le domaine migratoire prévoit essentiellement une hermétisation des frontières extérieures de l'UE et « pas des quotas obligatoires » de répartition des demandeurs d'asile dans l'UE, contrairement à la position du PE. 

Et le président du Conseil européen de rejeter sur les Brexiters la responsabilité d'un possible retour d'une frontière physique entre l'Irlande et l'Irlande du Nord. (Solenn Paulic)

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