L'Union européenne pourrait ne pas atteindre les objectifs qu'elle s'est fixés pour 2020 en matière d'éducation pour ce qui concerne les compétences de base et la formation tout au long de la vie. C'est ce que laisse entendre le moniteur sur l’éducation et la formation, qui doit être publié le 16 octobre.
Cet exercice annuel évalue les progrès de l’Union européenne sur les six objectifs du cadre stratégique 'Éducation et Formation 2020' (EUROPE 11901, ET2020). Ce rapport de 117 pages montre que l'UE peine à faire passer la proportion de personnes âgées de 15 ans ayant une maîtrise insuffisante des compétences de base sous la barre des 15 %, puisque, pour l'instant, 19,7 % de jeunes ont des lacunes en lecture, 22,2 % en mathématique et 20,6 % en sciences. L'UE est également loin de l'objectif lié à la formation continue (15 %), puisque seuls 10,9 % des 25-64 ans interrogés avaient participé à des activités d'éducation dans le mois précédant l'enquête.
Différences entre et au sein des États membres
En ce qui concerne les autres objectifs d'ET2020, le moniteur montre des résultats globalement positifs pour l'UE-28, avec de grandes différences entre les pays et au sein de ceux-ci. Ainsi, il montre que la proportion d'élèves qui abandonnent leurs études sans diplôme dans l'UE se rapproche de l'objectif des 10 %, avec 10,6 % en 2017 (soit 3,3 points de pourcentage de moins qu'en 2010). Les États membres qui dépassent ce pourcentage sont la Bulgarie, la Hongrie, l'Italie, Malte, le Portugal, la Roumanie et l'Espagne ; tandis que l'Estonie (10,8 %), le Royaume-Uni (10,6 %) et l'Allemagne (10,1 %) s'en rapprochent.
À noter aussi, des différences importantes entre les personnes issues de l'immigration et celles nées sur le territoire. Le moniteur note également de sérieuses avancées pour porter à 40 % la proportion des personnes âgées de 30 à 34 ans diplômées de l'enseignement supérieur, avec des progrès notables en République tchèque, en Grèce et en Slovaquie (même si ni la République tchèque ni la Slovaquie n'ont atteint l'objectif de 40 %). Les seuls pays qui ont connu une tendance inverse (à savoir, moins de diplômés entre 2014 et 2017) sont la Croatie, la Hongrie et, dans une moindre mesure, l'Espagne et la Finlande.
La baisse des dépenses publiques se poursuit
Le moniteur montre également que « de nombreux États membres continuent d'investir moins dans l'éducation qu'avant la crise économique ». Il souligne que, même si la moyenne européenne est en hausse (de 0,5 % en termes réels par rapport à l'année précédente), en 2016, treize États membres ont réduit leurs dépenses dans le domaine de l’éducation. Il s’agit, en allant du pays ayant le plus réduit ses dépenses à celui les ayant le moins réduites, de la Bulgarie, la République tchèque, la Slovaquie, la Hongrie, la Lettonie, la Lituanie, l’Estonie, la Pologne, le Portugal, le Royaume-Uni, la Grèce, le Danemark et l’Italie. Le rapport identifie aussi des pays qui ont investi dans l'éducation, mais dont les effets ne sont pas à la hauteur (comme c'est le cas de l'Autriche, qui a investi 5 % de son PIB). (Sophie Petitjean)