Les ministres européens des Affaires étrangères ont fait le point, lundi 15 octobre à Luxembourg, sur la situation en République centrafricaine (RCA) et étudié les moyens d’accroître l'appui européen à ce pays « en situation difficile », selon la Haute Représentante de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité de l'UE, Federica Mogherini.
Eu égard à la situation toujours « très fragile » en RCA, le Conseil insiste, dans ses conclusions, sur la nécessité pour l’UE de poursuivre son action « aux côtés » du pays, en mobilisant tous les instruments à sa disposition pour aider la RCA à retrouver le chemin de la stabilité, de la paix et du développement et à répondre ainsi aux aspirations de la population (EUROPE 12116).
L'UE réitère son soutien à l'Initiative africaine pour la paix et la réconciliation placée sous l'égide de l'Union africaine (UA), et sous le leadership du président Faustin-Archange Touadéra, pour parvenir à un accord de paix et de réconciliation, créer les conditions d'un désarmement complet des groupes armés et renforcer l'autorité de l'État, en préservant l'unité et l'intégrité du pays. Il est nécessaire de progresser rapidement vers les prochaines étapes du processus de paix et réconciliation, auquel devront participer toutes les institutions et tous les acteurs de la société centrafricaine, souligne le Conseil.
L'UE salue les procès entamés devant la Cour criminelle de Bangui et l'opérationnalisation progressive de la Cour pénale spéciale - une étape clé pour lutter contre l'impunité, selon elle.
L'Union salue également l'engagement de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en Centrafrique (MINUSCA) et la volonté du Conseil de sécurité d'envisager l'opportunité d'apporter un soutien au redéploiement progressif et maîtrisé des forces de sécurité. Elle se dit prête à élaborer, avec l'ONU et l'UA, un cadre d'engagement conjoint en RCA.
De plus, le Conseil souligne la nécessité que la mission de formation de l’UE, EUTM RCA, puisse travailler avec les Forces armées centrafricaines (FACA) « sans entraves » afin de mettre en œuvre son mandat. Saluant la demande centrafricaine d'obtenir de l'assistance supplémentaire de l'UE en faveur des Forces de Sécurité Intérieure (FSI), les ministres invitent le Service européen pour l'action extérieure (SEAE) à poursuivre ses travaux de planification opérationnelle, « en vue de permettre la mise en place et le déploiement le plus rapidement possible d'un pilier interopérabilité dédié, au sein d'EUTM RCA, qui soit chargé de mener des actions de conseil stratégique dans ce domaine ». Ils reconnaissent aussi l’utilité de poursuivre la réflexion sur l'opportunité de renforcer les actions de l'UE auprès des FSI par une action PSDC civile dédiée. « Le Conseil reviendra sur ce sujet à l'été 2019, sur la base de propositions du SEAE en prenant en compte les premiers résultats du pilier interopérabilité et dans le cadre de la revue stratégique d'EUTM RCA », précisent les conclusions.
L'UE reste préoccupée par la situation humanitaire, en particulier pour les populations déplacées ou enclavées, les femmes et les enfants qui pâtissent de l'insécurité et des violences, et insiste sur la nécessité, pour la communauté internationale, de se mobiliser en réponse à l'urgence humanitaire. Le Conseil se félicite des progrès qu'a permis le fonds fiduciaire de l'UE 'Bêkou' en faveur de la reconstruction de la RCA et appelle à une réflexion sur son avenir.
L'Union appelle à un appui supplémentaire de la communauté internationale et rappelle qu'elle reste fortement engagée en RCA avec une enveloppe de 487 millions € pour la période 2017-2020. (Aminata Niang avec Camille-Cerise Gessant)