Les ministres de l’Agriculture des pays de l’UE ont été nombreux à estimer, lundi 15 octobre à Luxembourg, que le nouveau modèle de mise en œuvre des règles de la future PAC (Politique agricole commune) était trop complexe.
Les ministres auront du mal à parvenir à une position commune, d’ici fin décembre, sur la PAC post-2020. Plusieurs ministres (dont ceux d’Espagne, de Pologne, d’Irlande et de France) ont réclamé le maintien sur la période 2021-2027 du budget agricole, alors que la Commission européenne table sur une baisse de 5 % de ces dépenses. Le budget de la PAC ne doit pas combler le trou laissé par le Brexit, a ainsi lancé le ministre espagnol, Luis Planas. Plusieurs pays (Malte, Finlande, Portugal...) ont protesté aussi contre les coupes dans le second pilier (développement rural).
Le commissaire Phil Hogan a souhaité laisser le débat budgétaire à ceux qui s’occupent du cadre financier pluriannuel (CFP).
Le Conseil a débattu du ‘nouveau modèle proposé’ (notamment les plans stratégiques) qui entraînera un important transfert des responsabilités entre l'UE et les États membres, et des performances environnementales.
Plans stratégiques. L’Italie, l’Allemagne, l’Espagne et la Belgique, notamment, ont demandé de tenir compte des spécificités régionales, alors que la Commission prévoit un plan stratégique par pays. Plusieurs pays, comme la Pologne, l’Allemagne, le Portugal et la France, ont demandé une période transitoire suffisamment longue avant de passer au nouveau modèle, pour éviter une interruption des paiements. L’Espagne et la France ont demandé de ne pas perdre le caractère commun de la PAC.
La République tchèque s’est opposée au plafonnement des paiements des grandes exploitations.
Performances environnementales. La nouvelle architecture écologique proposée vise à améliorer les performances environnementales de la PAC. L’architecture verte est une priorité pour le Danemark et les Pays-Bas, notamment. La conditionnalité renforcée proposée a été jugée souvent trop complexe par les ministres.
La France a demandé de la souplesse pour les programmes écologiques du premier pilier. Une majorité de pays souhaite que ces programmes écologiques soient facultatifs et pas obligatoires.
Manifestation le 18 octobre. Jeudi 18 octobre, une centaine d'agriculteurs de Lituanie, de Lettonie, de Pologne et de République tchèque manifesteront à Bruxelles pour réclamer un budget solide pour la PAC et des conditions équitables pour tous les agriculteurs. (Lionel Changeur)