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Bulletin Quotidien Europe N° 12100
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ACTION EXTÉRIEURE / Russie

Sergueï Lavrov appelle les Européens à reprendre le dialogue

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a tendu la main, vendredi 14 septembre, aux Européens leur demandant de reprendre le dialogue, pour pouvoir « construire un espace commun de paix, de sécurité et de coopération économique dans le respect des intérêts de tous les pays »

« Pratiquement tous les canaux de dialogue entre la Russie et l’UE et entre la Russie et l'OTAN ont été rompus », a-t-il dénoncé lors du forum Allemagne-Russie, à Berlin, dont le verbatim a été envoyé aux médias le 19 septembre. 

« Jusqu'à présent, nous n'avons pas réussi, d'une manière ou d'une autre, à nous asseoir et à déterminer où en sont nos relations avec l'UE dans son ensemble. Les sommets n'ont pas eu lieu depuis 2013, le Conseil permanent de partenariat ne fonctionne pas et l'écrasante majorité des dialogues sectoriels ont également été suspendus », a-t-il énuméré. Selon lui, sur plus de 20 dialogues, seuls quelques-uns se poursuivent, notamment celui sur la migration. 

Le chef de la diplomatie russe a expliqué que, lors de ses rencontres « occasionnelles » avec la Haute Représentante de l'UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini, celle-ci ne s’intéressait qu’aux questions internationales, principalement la Syrie et l'Ukraine. 

« Si nous ne commençons pas à coopérer normalement lors des réunions et si nous ne discutons pas de nos problèmes et de nos préoccupations, je pense qu'il y aura peu de progrès », a-t-il prévenu, ajoutant que, sans dialogue, il n’était pas possible de dissiper la méfiance entre les deux parties. M. Lavrov s’est dit convaincu que la Russie et l’UE étaient « tenues de coopérer à un niveau fondamental et substantiel », estimant que la « dernière décennie, dans une large mesure, a été une décennie d'occasions manquées », notamment concernant les visas ou l’énergie. 

Le ministre a aussi regretté que la Russie ne puisse pas échanger des informations sur la circulation des terroristes étrangers dans le monde, « y compris dans [l']espace commun » russo-européen, « car l'UE n'a manifesté aucun intérêt ni aucune activité pour mener à bien les travaux sur la signature des accords entre la Russie et Europol et avec Eurojust ». « Sans ces accords, il est impossible d'échanger des données à caractère personnel en vertu des législations russe et européenne », a-t-il expliqué. Selon le ministre, « il s'agit là d'un exemple de problème, de défi et de menace des plus urgents qui nous sont communs à tous et qui n'attirent pas notre attention particulière ». « Nous devons donc nous asseoir et commencer à parler. Nous sommes prêts pour cela », a-t-il ajouté. 

M. Lavrov a estimé que les relations entre l’UE et la Russie étaient « otages » de la crise ukrainienne, crise qui, selon lui, persiste à cause de la politique des autorités ukrainiennes qui « entravent la mise en œuvre des accords de Minsk ». 

Le chef de la diplomatie russe a estimé que l’UE devait évaluer la pertinence de « la création d'un nouveau modèle de coopération économique en Eurasie, fondé sur la complémentarité mutuelle des stratégies nationales de croissance et le potentiel combiné des projets économiques multilatéraux ». Il a précisé que la Russie avait déjà commencé à « ouvrir la voie dans cette direction », en coopération avec l'Union économique eurasienne. (Camille-Cerise Gessant)

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