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Bulletin Quotidien Europe N° 12100
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POLITIQUES SECTORIELLES / Espace

Inquiétude au sein des milieux européens sur la participation d’un acteur américain au programme Copernicus

La participation de l’entreprise américaine Planet au programme européen d’observation terrestre Copernicus, annoncée début septembre, ne semble pas être du goût de tous au sein des institutions de l'UE, et notamment de l'eurodéputé français Dominique Riquet (ADLE). 

L’entreprise, spécialisée dans l’imagerie de moyenne et haute résolution à haute cadence, dont le siège effectif est en Californie et qui compte parmi ses actionnaires le géant de l'Internet Google, a annoncé en effet, le 6 septembre dernier, étendre sa participation au service de gestion des urgences, au service de surveillance des terres et au service de sécurité de Copernicus

Une nouvelle qui interroge en premier lieu au sein du Parlement européen. « Je suis très inquiet que l’argent des programmes européens tels que Copernicus ne bénéficie pas en priorité aux entreprises européennes », a ainsi déclaré à EUROPE le député Dominique Riquet, qui est particulièrement vigilant face à la participation d’acteurs en provenance de pays tiers à des programmes européens, dans le domaine de la défense et de l’espace notamment. 

Une lecture que partagent d’autres acteurs de la bulle bruxelloise. « Planet n’est pas une gentille PME ‘disruptive’, c’est le bras armé de Google pour s’assurer l’hégémonie dans l’observation de la terre, à l’instar de ce qu’il a déjà fait dans bien d’autres domaines », explique une source européenne proche du dossier. À ses yeux, cette décision va à l’encontre des objectifs énoncés à l’article 189 du Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (TFUE) visant à améliorer la compétitivité industrielle de l’UE dans le secteur spatial. « On ne voit pas très bien comment la compétitivité de l’industrie européenne s’en trouve améliorée », conclut notre source. 

Il existe en effet un problème de réciprocité entre les États-Unis et l’Union européenne. Outre-Atlantique, nous explique-t-on, c’est le « Buy American Act » qui s’impose et qui interdit aux pouvoirs publics américains d’acheter auprès de fournisseurs étrangers, ce qui permet de créer un accès exclusif du secteur privé américain au marché institutionnel national. Une situation qui permet aux opérateurs américains de faire des offres particulièrement compétitives sur le marché européen, par définition, ouvert. 

Et notre source de s’étonner : « à quoi bon s’être affranchi – en partie – de la dépendance envers le gouvernement américain [notamment vis-à-vis du GPS, en mettant en place Galileo - NDLR] si c’est pour créer un nouveau déséquilibre en faveur des GAFA ? ». 

Une autre source parlementaire considère pour autant que cette annonce de la firme américaine « tombe à pic » alors que les colégislateurs amorcent leur négociation sur le futur programme spatial européen dont l’un des enjeux est de garantir une autonomie d’accès à l’espace de l'UE et un renforcement de la compétitivité du secteur spatial européen (EUROPE 12066). (Pascal Hansens)

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