À moins d'une semaine d’un vote en commission ‘environnement et santé publique’ (ENVI) du Parlement européen sur le règlement relatif aux normes de performance en matière d’émissions pour les voitures, l’Association des constructeurs européens d’automobiles (ACEA) a publié, mardi 4 septembre, une étude selon laquelle une transition non préparée et trop rapide vers le tout électrique pourrait avoir de lourdes conséquences sociales.
Pour rappel, le rapporteur, Miriam Dalli (S&D, maltaise), propose de rehausser l’objectif de réduction des émissions de CO2 à 25 %, et l’objectif de 2030 à 50 % (contre respectivement 15 % et 30 % pour la Commission) (EUROPE 12042). Pour atteindre ces objectifs, les institutions européennes et aussi nombre d'États membres veulent mettre l’accent sur les véhicules électriques rechargeables.
Or, selon FTI consulting, qui a réalisé l’étude, une transition trop rapide vers un marché de véhicules munis de batteries électriques pourrait avoir des conséquences « graves » sur toute la chaîne de valeur ajoutée, en amont et en aval de la production.
La production de voitures électriques nécessite bien moins de main-d’œuvre, et surtout bien moins de maintenance, ce qui impacterait tous les garagistes, de nombreuses PME, et les stations essence. Par ailleurs, l’étude pointe du doigt le fait que les batteries peuvent être importées plutôt que produites sur le territoire européen.
Pour le secrétaire général de l'organisation, Erik Jonnaert, un objectif raisonnable pour 2030 serait 20 %. En outre, la voiture électrique constitue « une voie, mais pas la seule », selon lui. « Nous devons prendre en considération tout le paysage sur la mobilité », a-t-il poursuivi. Répondant à EUROPE, l’une des options serait de soutenir les voitures hybrides, surtout les voitures hybrides ‘plug-in’.
À cela, plusieurs raisons : - l’essor de la voiture électrique reste limité (1,5 % du volume des voitures vendues en 2017) par manque d’infrastructures, mais aussi par habitude des consommateurs ; - la voiture hybride constitue un « pont » vers la voiture électrique ; - la technologie des moteurs hybrides présente, par ailleurs, l’avantage de nécessiter plus de main-d’œuvre en amont et en aval de la production que les voitures électriques.
M. Jonnaert a mis l’accent également sur le parc automobile existant : mettre des incitants pour renouveler les vieux véhicules pourrait permettre une réduction substantielle des émissions de CO2 en provenance du transport, a-t-il rappelé.
L'étude du FTI Consulting peut être consultée à l'adresse suivante : https://bit.ly/2NcQKJA . (Pascal Hansens)