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Bulletin Quotidien Europe N° 12064
ACTION EXTÉRIEURE / Chypre

Les efforts en vue d’une solution au problème chypriote reprennent le 23 juillet

Le ministre des Affaires étrangères chypriote, Nikos Christodoulides, a annoncé, mardi 17 juillet, que la nouvelle envoyée spéciale du secrétaire général des Nations Unies pour Chypre, Jane Holl Lute, allait entamer une tournée à Chypre et dans les pays garants et auprès de l’UE, afin d’évaluer la possibilité de la reprise des négociations. 

« Elle va commencer sa visite le 23 juillet à Chypre, où elle rencontrera [le président chypriote] Nicos Anastasiades et le dirigeant chypriote turc [Mustafa Akinci], puis elle se rendra en Turquie, en Grèce, au Royaume-Uni et verra l’UE afin d’explorer les possibilités pour la reprise des pourparlers », a-t-il annoncé lors d’une conférence sur le rôle géopolitique de Chypre dans la Méditerranée orientale, organisée par l’AJC Transatlantic Institute

Selon M. Christodoulides, Mme Lute devrait conclure ses rencontres à la mi-septembre et préparera alors un rapport pour le secrétaire général de l’ONU. « Nous espérons - et nous allons travailler dans cette direction - avoir la reprise des pourparlers », a-t-il précisé, rappelant que le statu quo actuel ne pouvait pas être la solution. « Nous ne pouvons pas nous permettre le luxe d’un nouvel échec », a-t-il aussi prévenu. S’il a estimé que lors des dernières négociations, en 2017, une solution n’avait jamais été aussi proche, car l’essence du problème - la sécurité et les garanties - avait été discutée, le ministre a reconnu que les Chypriotes grecs n’étaient pas arrivés assez préparés à la conférence internationale (EUROPE 11825). « Si on tire une leçon, c'est que nous devons être plus préparés pour la conférence internationale que ce que nous l’étions la dernière fois », a-t-il jugé. 

Il a aussi estimé que l’implication de l’UE dans les pourparlers avait été bénéfique. Pour la première fois, l’UE a été représentée dans des discussions sur les affaires internes et pendant la conférence internationale. « Nous voulons et nous encourageons l’implication de l’UE. À la fin, c’est un problème de l’UE », a-t-il ajouté. 

Renforcer la coopération régionale

Le ministre a aussi rappelé qu’une solution à la question chypriote permettrait de renforcer la stabilité en Méditerranée orientale, une région à laquelle l’UE ne s’intéresse pas assez, a regretté M. Christodoulides. « L’UE devrait montrer plus d’intérêt pour la Méditerranée orientale », a-t-il estimé. « C'est le voisinage de l'Union, et c'est un voisinage vital », a-t-il justifié, citant les défis migratoires, mais aussi la sécurité énergétique ou la lutte contre le terrorisme. 

Chypre a travaillé avec la Grèce et d'autres pays de la région, notamment Israël, l'Égypte, la Jordanie, le Liban et les Palestiniens, pour créer des mécanismes de coopération trilatérale. « Au vu des nombreux défis complexes auxquels la région, l'UE et le monde entier sont confrontés, nous sommes convaincus que la réponse est que tous les États doivent regarder vers l'extérieur, et non vers l'intérieur, relever les défis de manière décisive, collectivement, par le biais d'une coopération renforcée et en favorisant davantage les synergies », a expliqué le ministre. 

« Je suis convaincu que les mécanismes trilatéraux sont une première étape prometteuse vers ce qui peut se transformer, lorsque les conditions seront réunies, en un mécanisme de coopération régionale institutionnalisée et un dialogue régional servant les objectifs communs de renforcement des relations, de promotion de la solidarité et de la compréhension mutuelle entre l'Europe et les pays du Moyen-Orient et de la région élargie », a-t-il souligné. 

Le ministre a ainsi regretté que l’UE ne dialogue pas plus avec les pays de la région. « Il est facile d’être assis à Bruxelles [...] et de décider à propos de la région sans connaître ses spécificités […]. Si vous ne parlez pas à ces pays, vous ne pouvez pas faire face aux problèmes ou aux défis », a-t-il expliqué. Interrogé à plusieurs reprises sur les relations tendues entre l’UE et Israël, M. Christodoulides a espéré que leur Conseil d’association sera organisé « aussi vite que possible » afin de discuter des difficultés entre les deux parties. Le Conseil, prévu le 28 février 2017, avait été reporté sine die, en raison de l’intensification de la politique de colonisation d’Israël (EUROPE 11720). (Camille-Cerise Gessant)

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