La commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe, Dunja Mijatović, demande que des « mesures décisives » soient prises afin d’assurer le respect des droits d'Oyub Titiev, responsable de l’antenne tchétchène de l’ONG Memorial, arrêté en janvier pour détention de drogue (EUROPE 11957).
Les déclarations de Mme Mijatović, adressées par courrier mercredi 11 juillet au procureur général de la Fédération de Russie et rendues publiques mardi 17 juillet, interviennent à la veille de la première audience du procès de M. Titiev, mercredi pour le 18 juillet devant un tribunal de Tchétchénie.
Dans son courrier, la commissaire aux droits de l’homme rappelle que des experts du Conseil des droits de l’homme de la Fédération de Russie avaient révélé de graves lacunes dans une affaire pénale « fabriquée » et réclamaient des informations sur les suites données à ces conclusions par le Bureau du Procureur général.
Mme Mijatović rappelle par ailleurs que la commissaire aux droits de l’homme de la Fédération de Russie et le président du Conseil des droits de l’homme du pays ont demandé le transfert de l’affaire hors du Nord-Caucase. Cela « montre leurs doutes quant à la probabilité que les droits de M. Titiev soient sauvegardés si l’affaire reste en République tchétchène », note-t-elle.
En ce qui concerne le maintien en détention prolongée de M. Titiev, j’espère que vous conviendrez que « la privation de liberté ne peut être appliquée qu’en dernier recours », souligne par ailleurs la commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l'Europe, qui réclame donc la libération « de toute urgence » du responsable de l'ONG qui a obtenu le Prix Sakharov en 2009. (Véronique Leblanc)