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Bulletin Quotidien Europe N° 12064
ACTION EXTÉRIEURE / AmÉrique latine

La réunion ministérielle UE/CELAC prend la défense du multilatéralisme

Les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne, de l'Amérique latine et des Caraïbes ont réaffirmé haut et fort l'importance du multilatéralisme pour affronter les défis globaux actuels tels que les changements climatiques, mardi 17 juillet à Bruxelles. 

Tant la Haute Représentante de l'Union européenne pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini, que le ministre salvadorien Carlos Castaneda ont mis l'accent sur la consolidation du multilatéralisme au niveau international, via une notamment réforme des Nations Unies. 

« Nous sommes disposés à affronter ensemble le contexte international actuel et les nouveaux défis mondiaux, ainsi qu'à continuer de renforcer le multilatéralisme », ont souligné la soixantaine de ministres, réunis pour la première fois depuis 2016. 

De telles déclarations vont à contre-courant de la volonté affichée du président américain, Donald Trump, de remettre en cause le bien-fondé des organisations internationales que son pays a contribué à mettre en place après la Deuxième Guerre mondiale. 

Outre la défense du multilatéralisme, Mme Mogherini a évoqué deux autres priorités du partenariat stratégique euro-latino-américain : « le développement durable », qui devra être le fil conducteur des négociations sur l'accord post-Cotonou avec les pays caribéens (EUROPE 12047), et « la lutte contre le protectionnisme » à travers des relations commerciales ouvertes et équilibrées. 

La Haute Représentante a salué les avancées réalisées dans les négociations avec le Mexique (EUROPE 12007) et plaidé pour des résultats rapides dans les négociations en cours avec le Mercosur (voir autre nouvelle). 

Les ministres se disent d'ailleurs « inquiets des tensions croissantes au sein du système commercial multilatéral » et « désireux de collaborer pour résoudre ces tensions et renforcer l'OMC ». Ils réitèrent également leur opposition à l'embargo américain visant Cuba, qui perdure. 

Sur les questions climatiques, les ministres s'engagent à faire en sorte que la COP24 aboutisse, à l'automne en Pologne, à un accord sur un programme de travail « solide et équilibré » permettant de mettre en œuvre l'Accord de Paris. 

L'UE, l'Amérique latine et les Caraïbes ont également décidé d'approfondir leur dialogue sur les questions migratoires en vue d'élaborer une feuille de route spécifique. Selon les ministres, la coopération dans ce domaine doit impliquer les pays d'origine, de transit et de destination, « y compris en matière de retour et de réadmission » de migrants illégaux dans des conditions dignes. 

Lors des débats, la veille, les crises politiques au Venezuela et au Nicaragua avaient été évoquées, ces deux pays défendant leur position et d'autres États faisant état de leur préoccupation. La situation au Nicaragua a d'ailleurs fait l'objet d'une déclaration spécifique mardi (voir autre nouvelle). 

« Hier, deux thèmes - le Venezuela et le Nicaragua - ont fait leur apparition. Ils n'étaient pas à l'ordre du jour, mais plusieurs pays du groupe de Lima les ont mentionnés. Quelques critiques ont été soulevées par le Groupe de Lima à l'encontre du Venezuela et cela a un peu animé la session », a indiqué le ministre espagnol, Josep Borrel. 

Enfin, interrogée par la presse sur la tenue éventuelle d'un prochain sommet UE/CELAC après l'annulation de celui de 2017 à San Salvador (EUROPE 11866), Mme Mogherini ne l'a pas exclu dans « quelques mois ». Clôturant les débats, la délégation bolivienne a alors fait part de sa disponibilité. 

Mardi, l'UE et le CARIFORUM ont signé un accord pour une aide de €14 millions d'euros en soutien aux pays caribéens dans la reconstruction après le passage de l'ouragan Irma. Une enveloppe de 10 millions d'euros sera également octroyée au Guatemala pour soutenir la reconstruction des zones touchées par une récente éruption volcanique et 12 millions d'euros seront octroyés au Pérou pour renforcer la lutte contre le trafic de drogue et le crime organisé.

Enfin, la République dominicaine et Grenade ont signé l'accord instaurant la Fondation Eurolat en tant qu'organisation internationale, portant à 57 le nombre de membres de la Fondation.

La Commission européenne dévoilera à l'automne une nouvelle stratégie devant actualiser et guider les relations euro-latino-américaines à moyen terme. 

Voir le texte de la déclaration : https://bit.ly/2uIj0sb (Mathieu Bion avec Carmen García, stage)

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