La Commission électorale britannique a infligé une amende, mardi 17 juillet, à la campagne officielle Vote Leave pour avoir enfreint le code électoral britannique lors de la campagne sur le référendum britannique remporté en juin 2016 par les partisans d'une sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne.
La commission électorale « a mené une enquête approfondie » sur cette campagne soutenue notamment par l'ancien ministre des Affaires étrangères, Boris Johnson, et par l'organisation BeLeave. Tant Vote Leave que BeLeave « ne déclaraient pas leur travail commun et ne respectaient pas les limites légales de dépenses » de campagne, a-t-elle ainsi estimé.
BeLeave, fondé par l'étudiant Darren Grimes, a dépensé plus de 675 000 livres dans AggregateIQ, spécialiste de la publicité politique en ligne, « dans le cadre d'un plan commun avec Vote Leave ». « Ces dépenses auraient dû être déclarées par Vote Leave », le groupe ayant dépassé le plafond de dépenses de presque 500 000 livres.
Vote Leave devra payer une amende de 61 000 livres sterling et le fondateur du groupe BeLeave 20 000 livres.
Ces amendes ont été infligées après les révélations du lanceur d'alerte Christopher Wylie sur la société Cambridge Analytica, accusée d'avoir utilisé à des fins politiques et à leur insu les données de millions d'utilisateurs de Facebook et d'avoir travaillé avec AggregateIQ pour aider la campagne Vote Leave et peser sur le vote.
« Je ne pense pas que le Brexit aurait eu lieu s’il n’y avait pas eu ces technologies et l’utilisation de ces données », a même affirmé le lanceur d'alerte.
La Commission européenne n’a pas souhaité réagir mardi, estimant que la situation au Royaume-Uni est déjà suffisamment « compliquée ». (Solenn Paulic et Marion Fontana)