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Bulletin Quotidien Europe N° 12064
ACTION EXTÉRIEURE / Japon

La signature de l'accord commercial UE/Japon consolide le front libre-échangiste contre Donald Trump

L'Union européenne et le Japon ont signé, lors de leur 25e sommet bilatéral, mardi 17 juillet à Tokyo, leurs accords de partenariat stratégique et de partenariat économique conclus en 2017, lançant ainsi un message fort contre le protectionnisme et l'isolationnisme des États-Unis de Donald Trump. 

La signature de l'accord de partenariat économique UE/Japon - un accord de libre-échange dont les dispositions en matière d'investissement sont désormais négociées dans le cadre d'un accord distinct (EUROPE 12061) - est un « moment historique (...) : l'UE et le Japon envoient un message fort pour promouvoir le commerce libre et équitable, basé sur des règles et contre le protectionnisme », affirment les dirigeants européens et nippons dans leur déclaration finale. 

Cet accord « démontre au monde l'engagement politique ferme de l'UE et du Japon à maintenir haut le drapeau du libre-échange et de faire progresser avec force le libre-échange », insistent-ils, assurant qu'il sera « le modèle d'un commerce de haute qualité, libre, ouvert et équitable et de règles d'investissement du 21e siècle ». 

« Nous montrons que nous sommes plus forts et mieux lotis lorsque nous travaillons ensemble. Nous montrons l'exemple sur le fait que le commerce est plus qu'une question de barrières tarifaires et non tarifaires (...), il n'y a pas de protection dans le protectionnisme et il ne peut y avoir d'unité là où il y a de l'unilatéralisme », a commenté devant la presse le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, à l'issue du sommet. 

« La signature de cet accord montre au monde la volonté politique inébranlable du Japon et de l'UE de se faire les champions du libre-échange et de guider le monde dans cette direction alors que s'est répandu le protectionnisme », a insisté le Premier ministre nippon, Shinzō Abe. 

« L'incertitude politique, la rhétorique agressive, l'imprévisibilité et l'irresponsabilité » sont des « risques réels pour nos entreprises, pas les accords commerciaux », a conclu le président du Conseil européen, Donald Tusk. 

L'UE et le Japon espèrent rapidement ratifier leur accord de partenariat économique pour une mise en œuvre début 2019. Pour ce faire, l'accord devra être approuvé par le Parlement européen et la Diète japonaise. 

Cet accord vise à établir une zone de libre-échange couvrant près d'un tiers du PIB mondial et un marché de plus de 600 millions d'habitants. 

Il vise à accroître de 24 % les exportations de marchandises et de services de l'UE au Japon, qui atteignent actuellement 58 et 28 milliards d'euros par an respectivement, a souligné M. Juncker. 

Le secteur agroalimentaire européen devrait grandement profiter de cet accord qui éliminera les droits de douane nippons sur les produits laitiers (un secteur très sensible au Japon, qui bénéficiera toutefois d'une période de transition de quinze ans) et sur le vin européen, et assurera la protection de 200 indications géographiques de l'UE dans l'archipel. 

Outre la protection sur le territoire européen d'indications géographiques renommées, comme le bœuf de Kobé et le melon Yūbari, le Japon jouira de son côté d'un libre accès au marché de l'UE pour son industrie automobile à l'issue d'une période de transition - une élimination immédiate des droits de douane allant jusqu'à 4 % sur plus de 90 % des pièces automobiles japonaises et de tous les droits de douane sur les voitures au cours des sept prochaines années, a souligné M. Juncker. 

L'accord inclut aussi un chapitre sur le développement durable, qui repose sur les normes les plus élevées en matière de travail, de sécurité, d'environnement et de protection des consommateurs et il inclut - une première pour un accord de libre-échange de l'UE - un engagement spécifique à l'égard de l'accord international sur le climat conclu en 2015 à Paris. 

Le sommet de Tokyo a réaffirmé l'engagement de l'UE et du Japon en faveur du système commercial multilatéral, mais aussi d'une modernisation de l'Organisation mondiale du commerce pour élaborer des règles plus équitables. (Emmanuel Hagry)

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