L'engagement du gouvernement fédéral somalien à mener à bien des réformes pour le développement économique, la paix, la sécurité, la stabilité et la démocratie, les progrès réalisés depuis la conférence internationale de Londres (mai 2017) et la fenêtre d'opportunités qu'ouvre l'accord de paix et de réconciliation entre la Somalie et l'Érythrée ont été unanimement salués, mardi 17 juillet à Bruxelles, à l'ouverture du Forum de partenariat sur la Somalie, coprésidé par l'UE, le gouvernement somalien et la Suède (EUROPE 12063).
« La Somalie est en train de prendre la responsabilité de sa propre sécurité. Vous vous êtes mis d'accord sur un modèle électoral pour les élections en 2020 et sur le partage des ressources entre le gouvernement fédéral et les États membres fédéraux. Nous savons tous que le chemin a été accidenté et le sera encore, comme en témoignent les attentats terroristes », a déclaré la Haute Représentante de l'UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini, à l'adresse du président somalien, Mohamed Abdullahi Mohamed.
Ce dernier a estimé que ces progrès n'auraient pas été possibles sans le soutien de la communauté internationale - en particulier l'UE, ses États membres, les États-Unis, la Turquie et les institutions internationales - et a appelé tous les participants à aligner leurs contributions sur les priorités du plan national de transition.
Mme Mogherini a annoncé un nouveau paquet d'aide de quelque 200 millions d'euros, dont 100 millions d'euros de soutien au développement des capacités de l'État et de la résilience de l'État - l'une des priorités du plan. « Nous voulons en particulier aider le gouvernement fédéral à répondre aux besoins de ses citoyens et à améliorer la confiance entre le gouvernement fédéral et les États membres fédéraux », a-t-elle précisé.
La ministre des Affaires étrangères suédoise, Margot Wallström, dont le pays compte 1 % de citoyens d'origine somalienne et a doublé le financement de sa coopération avec la Somalie à raison de 350 millions de dollars pour les 5 prochaines années, a jugé « cruciale la participation des femmes à tous les niveaux » pour le renforcement des capacités de l'État. Elle a aussi insisté sur le fait que la mise en œuvre du plan de transition « est dans notre intérêt à tous », l'objectif de long terme étant une Somalie sûre.
De l'avis du commissaire à la paix et la sécurité de la Commission de l'UA, Smaïl Chergui, en dépit de progrès vers la paix et la sécurité, de nombreux défis restent à relever comme la finalisation de la révision de la constitution, la construction d'un consensus sur la Somalie fédérale. Évoquant aussi le transfert en quatre ans de la Mission de l’Union africaine en Somalie (AMISOM) vers les troupes somaliennes, prévu par le plan de transition, il a appelé la communauté internationale à accélérer les efforts pour aider la Somalie à créer les capacités pour les forces de sécurité.
« La responsabilité mutuelle devrait guider la mise en œuvre du plan de transition, mais la mise en œuvre ne sera possible sans ressources et volonté politique adéquates », a déclaré la secrétaire générale adjointe des Nations Unies, Rosemary A. DiCarlo. Elle a plaidé pour que les financements requis soient acheminés « via les systèmes nationaux de la Somalie ». Selon elle, la présence d'AMISOM demeure d'une importance cruciale à l'heure où la Somalie construit ses propres capacités en matière de sécurité. Aussi a-t-elle formulé l'espoir que l'UE « maintienne son investissement ». (Aminata Niang)