La Cour des comptes de l’UE a estimé, dans un rapport publié mardi 19 juin, que, si la gouvernance de la lutte contre les menaces chimiques, biologiques, radiologiques et nucléaires (CBRN) provenant de l'extérieur de l'UE s’était améliorée, des efforts devaient être faits concernant le ciblage de la coopération.
Dans son rapport, les auditeurs se sont penchés sur l’initiative relative aux centres d'excellence CBRN de l'UE, dotée de 130 millions d'euros pour la période 2014-2020, examinant les suites données à un rapport spécial de 2014 qui traitait de la mise en place de cette initiative.
« L'action menée par l'Union dans les pays partenaires pour contrer les menaces CBRN a permis d'améliorer les capacités et la coopération aux niveaux national et régional, mais la priorité à accorder aux activités en fonction du risque reste à définir », souligne le rapport.
La responsable du rapport, Bettina Jakobsen, reproche à l’UE de n’avoir défini « aucune approche adéquate de la gestion des risques » dans le cadre de l'initiative. « Beaucoup a été fait pour augmenter le nombre de pays partenaires au lieu de concentrer les efforts et les financements sur les pays présentant le plus grand intérêt pour la sécurité de l'UE », a-t-elle ajouté, selon le communiqué de la Cour des comptes. Le rapport précise aussi que l'interaction entre les pays partenaires reste insuffisante, car ceux-ci souhaitent d'abord répondre à leurs propres besoins.
Les auditeurs recommandent ainsi à la Commission et au Service européen pour l’action extérieure (SEAE) de définir la priorité à accorder aux activités de l'initiative sur la base d'une évaluation du risque systémique, de renforcer la dimension régionale de l'initiative et le rôle joué par les délégations de l'UE. La Commission et le SEAE devraient aussi rechercher les synergies potentielles et déterminer quelles sont les autres sources de financement disponibles et renforcer l'obligation de rendre compte et la visibilité des activités et des résultats en améliorant le suivi et l'évaluation, selon la Cour.
Le rapport est disponible à la page : https://bit.ly/2I3BGqR . (Camille-Cerise Gessant)