Le commissaire européen Dimitris Avramoupoulos a accueilli, mardi 19 juin, les ministres de l’Intérieur des pays des Balkans occidentaux ainsi que le ministre autrichien de l’Intérieur, Herbert Kickl, afin de faire le point sur la situation migratoire de cette route et préparer la Présidence autrichienne.
Lors d’un point presse, le commissaire aux Migrations a souligné que la situation n’était pas encore arrivée à un stade « alarmant », mais que quelques hausses dans les arrivées de migrants avaient été en effet constatées sur cette route, notamment en Albanie, en Bosnie-Herzégovine, au Monténégro ou encore en Serbie.
Il faut rester « vigilant » et « éviter que la situation se détériore », a résumé le commissaire, appelant à poursuivre la coopération qui avait été lancée fin 2015, lors d’un sommet spécifique sur les Balkans, puis a été confirmée en mai dernier au sommet de Sofia sur les Balkans occidentaux.
Cette réunion intervenait toutefois dans un climat particulier dans l’UE, les États membres tentant de s’accorder sur une solution sur la réforme du système d’asile et la réponse européenne à la migration en vue du sommet européen des 28 et 29 juin.
Selon Reuters, qui a consulté un projet de conclusions de cette réunion, l’UE proposerait de plancher sur des plateformes (hors UE) permettant de voir qui pourrait effectivement obtenir la protection dans l’UE, afin d’empêcher ces dangereux voyages en mer. Le projet parle d'un concept de plateformes régionales de « désembarquement ».
Ce n’est pas la première fois que les Européens envisagent cette idée de centres de préidentification des candidats à l’asile dans des pays hors UE, en particulier dans les pays africains, mais l’idée avait surtout été jusqu’ici portée par des pays à titre individuel (EUROPE 11838).
Interrogé à ce sujet, Dimitris Avramopoulos a affirmé que cette idée de centres, du moins dans les Balkans, n’avait pas été abordée mardi. S’il est prêt à en discuter, il s’est interrogé sur l’efficacité d’une telle mesure, se demandant si un pays avait déjà à ce jour affiché sa « volonté d’accueillir de tels camps » sur son territoire.
La Commission préparera ce jeudi 21 juin sa contribution ‘migration’ en vue du sommet. Jean-Claude Juncker devait pour sa part retrouver Angela Merkel et Emmanuel Macron mardi soir dans le cadre du conseil franco-allemand. (Solenn Paulic)