La Commission européenne espère générer plus de 650 milliards d’euros d’investissement privé dans l’ensemble de l’UE grâce au Fonds InvestEU, qu’elle a présenté mercredi 6 juin. Objectif: pallier le déficit d’investissement au sein de l’Union, qui n’a toujours pas retrouvé son niveau d’avant-crise.
Le Fonds InvestEU, qui regroupe en une seule structure pas moins de 14 instruments financiers, se fonde sur « le succès du Plan Juncker », a déclaré Jyrki Katainen, le vice-président chargé de l’Emploi, de la Croissance, de l’Investissement et de la Compétitivité, rappelant que le Fonds européen pour les investissements stratégiques (FEIS) a levé environ 290 milliards d’euros d’investissement.
Ainsi, la Commission propose d’affecter 15,2 milliards d’euros au Fonds afin de pouvoir fournir une garantie de 38 milliards d’euros (contre 33,5 milliards d'euros pour le FEIS 2.0 - EUROPE 11925) dans l’espoir d’atteindre plus de 650 milliards d’euros d’investissement publics-privés dans l’ensemble de l’Union européenne durant le prochain cadre financier pluriannuel 2021-2027.
Le coefficient multiplicateur serait donc en moyenne de 13,7, a expliqué une source, soit un coefficient légèrement en deçà de celui de l’actuel Plan Juncker. La raison de ce coefficient plus faible s’explique par les quatre domaines (‘windows’) visés par le nouveau Fonds, notamment dans le domaine social, où les capacités d’investissement sont plus faibles, a expliqué une autre source.
Les autres domaines sont les infrastructures durables ; la recherche, l’innovation et la numérisation ; les petites et moyennes entreprises. La première priorité se voit ainsi attribuer 11,5 milliards d’euros et les deux dernières 11,25 milliards d’euros. Quelque 4 milliards d’euros sont dirigés vers les investissements sociaux. Des montants qui pourront toutefois être ajustés à concurrence de 15 % suivant les évolutions de la demande.
Plus de partenaires financiers
Les partenaires financiers, principalement la Banque européenne d’investissement (BEI) (seul intermédiaire dans le FEIS), contribueront à la garantie pour atteindre un total agrégé de 9,5 milliards d’euros, soit une garantie totale de 47,5 milliards d’euros.
La Commission compte travailler avec d’autres partenaires financiers, dont des institutions financières internationales, parmi lesquelles notamment la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) et la Banque mondiale. Cette évolution s’expliquerait notamment pas la nature des projets visés, qui seront pour partie plus « petits et granulaires ».
Quelle que soit leur taille, les projets financés devront répondre à plusieurs grands critères, dont : - remédier aux défaillances du marché et contrebalancer aux déficits d’investissement et être viable économiquement ; - créer un effet multiplicateur ; - contribuer aux objectifs stratégiques de l’Union. Ils seront sélectionnés par un comité d’investissement indépendant.
5 % de la Politique de cohésion
Grande nouveauté : le Fonds InvestEU devrait laisser la possibilité aux États membres de compléter le provisionnement de la garantie de l’UE jusqu’à 5 % de leurs fonds en provenance de la Politique de l’Union. Ceci représenterait plusieurs avantages pour les États membres, selon un expert : ils pourront s’extraire des taux de cofinancement, profiter de l’évaluation positive de l’Union auprès des agences de notation et, surtout, ne pas avoir à développer par eux-mêmes une « machine » pour lever des investissements.
Plate-forme de conseil
La Commission met sur pied une plate-forme de conseil InvestEU pour apporter un soutien et une assistance techniques dans la préparation, l’élaboration, la structuration et dans le renforcement des capacités. Elle intègre ainsi en un guichet unique 13 services de conseil existants.
Il est à noter que la Commission maintient le portail InvestEU, dont l’objet premier est de faciliter le contact entre les investisseurs et les promoteurs de projets. (Pascal Hansens)