Le commissaire européen aux Affaires intérieures et aux Migrations, Dimitris Avramopoulos, a rejeté les propositions du secrétaire d’État belge à l’Asile et la Migration, Theo Francken, d’appliquer à l’UE le modèle migratoire australien et de procéder à des « push-back » de migrants.
Le ministre belge a fait cette proposition, mardi 5 juin à Luxembourg en marge de la réunion des ministres européens de l’Intérieur. Il a aussi proposé de « trouver une manière de contourner l'article 3 de la Convention européenne des Droits de l'homme », a-t-il confié aux médias belges présents sur place.
« Les 'push-back' étaient pratiqués en Europe avant leur interdiction par la Cour européenne des Droits de l'homme en 2012 », a-t-il ajouté, évoquant aussi la possibilité de nouer un traité avec la Tunisie pour y envoyer les migrants fuyant la Libye.
« Le modèle australien, et bien nous ne le suivrons jamais en Europe », a rétorqué le commissaire, expliquant que la politique européenne est basée sur le « principe de non-refoulement ». Et la Convention de Genève, « c’est l’évangile de la politique migratoire de l’UE ». Le commissaire a aussi expliqué que le but de l’UE n’était pas de fermer les frontières, mais de régulariser les voies d’arrivées. « C’est une grande différence », a-t-il précisé.
Échange sur une liste de pays tiers sûrs
Les ministres ont discuté, en marge de cette réunion, de la constitution prochaine d'une liste européenne de pays tiers sûrs, qui devrait coexister avec les listes nationales. Elle sera annexée au règlement sur les procédures en matière d'asile, qui fait partie du Paquet. La Présidence bulgare du Conseil doit faire une nouvelle proposition sur la base des remarques des États membres. Des pays comme la France sont sensibles à cet aspect, qui est d'ailleurs associé aux travaux sur Dublin en ce que de telles listes permettent aux États membres de traiter les dossiers d'asile avec des procédures accélérées. (Solenn Paulic)