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Bulletin Quotidien Europe N° 12034
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ACTION EXTÉRIEURE / DÉveloppement

Donner aux femmes la place qui leur revient, plaidoyer ONU/UE/Afrique à l'ouverture des EDD 2018

Il ne peut y avoir de développement durable si la moitié de l'humanité est laissée au bord du chemin. Cette moitié de l'humanité à laquelle tous les participants à la cérémonie d'ouverture des Journées européennes du développement (EDD 2018) ont consacré leur discours, mardi 5 juin à Bruxelles, ce sont les femmes et les jeunes filles du monde entier qui subissent encore violences et discriminations. 

Ces douzièmes EDD ont pour thème : 'Les femmes et les jeunes filles au cœur du développement durable : protéger, autonomiser, investir'. Les représentants de l'ONU, de l'UE et les dirigeants africains qui ont pris la parole se sont livrés à une profession de foi en l'objectif de développement durable no 5 - parvenir à l'égalité des sexes et autonomiser toutes les femmes et les filles. Cet ODD vise à mettre fin à toutes les formes de discriminations contre les femmes et les filles dans le monde entier et à éliminer les violences à l’égard des femmes et des filles. 

Signe de l'importance que l'UE attache au partenariat stratégique Afrique/UE, tous les intervenants à l'ouverture étaient des Européens et des Africains. 

Le président de la Commission, Jean-Claude Juncker a insisté sur l'intérêt pour l'Europe de « jouer son rôle sur la scène internationale » en cessant de « faire la morale ». Rappelant que l'Europe est le premier fournisseur d'aide publique au développement, il a estimé qu'elle doit faire plus et mieux. « Faire mieux, c'est être plus solidaire, notamment avec l'Afrique. Je pense en particulier aux femmes et aux jeunes filles. Aujourd'hui plus que jamais, nous devons lutter contre les violences faites aux femmes et favoriser leur émancipation, car cela correspond à l'idée que nous nous faisons de la dignité » et faire progresser l'égalité pourrait augmenter substantiellement le PIB mondial d'ici à 2025, selon la Banque mondiale, a souligné M. Juncker. 

 « Nous sommes loin de traiter les femmes avec égalité et respect et cela nous concerne tous », a estimé le président du Rwanda et président en exercice de l'Union africaine, Paul Kagame, en citant notamment les écarts de salaire, le travail non payé des femmes qui font « deux travaux à temps complet » quand elles travaillent et s'occupent des tâches ménagères et des enfants, et le harcèlement sexuel « qui est une violation de la dignité personnelle ». 

« Faisons en sorte que le changement se produise », a-t-il lancé, car, selon lui, c'est la responsabilité des leaders d'aller de l'avant. Au Rwanda un système d'assurance a été introduit qui permet aux femmes de conserver leur salaire pendant douze semaines de congé maternité, a-t-il indiqué. 

Le président du Burkina Faso, Roch Marc Christian Kaboré, a estimé que les EDD étaient un rendez-vous important pour partager les pratiques de développement humain durable. Son pays a « ratifié tous les instruments internationaux et mis en place une stratégie nationale volontariste de genre pour donner aux femmes toute la place qu'elles méritent dans la société ». Cette stratégie a permis des progrès en matière d'éducation, de santé, d'accès à la terre, de participation des femmes à la vie politique, a-t-il dit. 86,4 % des jeunes filles sont scolarisées, mais des efforts doivent être poursuivis pour l'éducation supérieure, « une arme efficace de lutte contre le mariage précoce et d'autres pratiques d'un autre temps », ainsi que pour accroître le pourcentage modeste de femmes sur les listes électorales. 

Hommage a été rendu aux « chefs d'État africains féministes » par la secrétaire générale adjointe de l'ONU, Amina J. Mohammed. 

La présidente maltaise, Marie-Louise Coleiro Preca, a estimé que, pour atteindre l'égalité et la pleine participation des femmes à la vie économique, il fallait des stratégies qui promeuvent l'inclusion sociale. « Cela implique l'accès à l'éducation, le développement des capacités, l'implication des femmes dans les décisions. On est loin du compte ! Dans certains domaines les écarts sont même plus grands qu'il y a dix ans », a-t-elle dit, les carrières sont plus interrompues, moins bien payées et les retraites moindres. Dans l'UE, l'Institut pour l'égalité des genres fait état d'un recul dans douze pays, a-t-elle dit, en lançant un appel à l'UE pour étendre les travaux de l'observatoire aux féminicides. 

 Succès de l'initiative 'Spotlight'. Grâce à cette initiative, lancée en septembre dernier à New York pour éliminer la violence contre les femmes et les filles et à laquelle l'UE contribue à hauteur de 500 millions €, des programmes sont lancés dans dix pays d'Asie pour protéger les femmes et les migrants, dans 8 pays d'Afrique pour promouvoir les droits reproductifs des femmes, et en Amérique latine pour mettre au point des programmes d'action en vue de mettre un terme aux féminicides. 

« Les femmes et les jeunes filles sont à la tête du changement dont nous avons besoin, parfois dans les conditions les plus difficiles. Nous devons les soutenir dans leurs efforts, ainsi que les nombreux hommes et garçons courageux qui contribuent à changer certaines normes culturelles qui nous retiennent en arrière », a estimé le commissaire européen au Développement, Neven Mimica. (Aminata Niang)

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